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Fraude aux primes Covid: un vaste réseau international de blanchiment démantelé

Des escrocs ont blanchi des millions d’euros détournés des primes liées au Covid. Au total, plus de 12 millions d'euros ont été détournés. Au total, 11 personnes ont été mises en examen.

Onze hommes ont été mis en examen pour participation à un "vaste réseau de blanchiment" international estimé à 12 millions d'euros et portant notamment sur des détournements de primes au chômage partiel indues pendant la pandémie de Covid, a indiqué le parquet de Rennes.

L'affaire est partie d’un simple contrôle d’un bar à chicha dans l’Orne, il y a deux ans au cours duquel les enquêteurs découvrent un système d’escroquerie aux primes de chômage partiel lié au Covid. Des centaines de milliers d’euros détournés, en déclarant des salariés fictifs, prétendument impactés par la crise sanitaire.

L'organisateur du réseau inconnu des services de police

Mais à force de creuser, la justice découvre une organisation qui va bien au-delà. Des entreprises du bâtiment utilisaient la même filière pour blanchir aussi bien de l’argent détourné du Covid que du travail dissimulé ou encore des fausses factures. Toutes ces sommes colossales transitaient par des sociétés bidon vers des comptes en Turquie ou en Chine avant d’être reversées aux escrocs, moyennant bien sûr une commission. Au total, la justice estime que ce sont ainsi 12 millions d’euros qui auraient été blanchis.

Dans cette affaire, les gendarmes ont mené deux vagues d’interpellations. 11 personnes ont été arrêtées et mises en examen, dont l’organisateur supposé de ce réseau: un homme de 41 ans, jusqu’ici inconnu de la justice. Il est actuellement derrière les barreaux, en détention provisoire. D’autres suspects, en revanche, avaient déjà été condamnés, notamment pour travail dissimulé. La justice leur a saisi plus de 2 millions d’euros de patrimoine. Tous ont été placés sous contrôle judiciaire.

Guillaume Biet