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"Je n'ai plus confiance": l'Etat assigné après le viol d'une mineure par un homme pourtant condamné à 4 ans de prison en 2018

Le suspect avait bénéficié d'une libération anticipée lors de la première vague afin d'éviter la propagation du Covid-19 dans les prisons.

La mesure avait pour objectif de désengorger les prisons. Plus de 6.000 détenus en fin de peine ont été libérés de façon anticipée l'année dernière pour limiter la propagation du Covid-19 dans les lieux de détention. Parmi les bénéficiaires de cette mesure, un homme condamné fin 2018 à 4 ans de prison ferme pour violences et agression sexuelle sur sa compagne. Mais quelques mois après sa sortie, cet homme a récidivé en Isère en violant une jeune fille de 17 ans.

Plus de 6 mois après le viol de sa fille, Patrice est profondément en colère: "En tant que père j’ai une colère et une douleur. Cela me prend aux tripes. Comment on peut libérer des individus d’une extrême violence. Combien de criminels errent encore dans nos rues?", s'interroge-t-il au micro de RMC.

Anne-Lise sa fille, qui connaissait l'identité de son bourreau, a voulu porter plainte juste après les faits: "Ma fille est traumatisée mais elle veut combattre, elle ne veut pas que cela soit passé sous silence".

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"On nous ment, la justice ne fait pas son travail et c’est nous qui en subissons les conséquences"

Choquée, Delphine la mère de la jeune femme, dit aujourd'hui ne plus croire en la justice: "Je n’ai plus du tout confiance, on ne peut pas avoir confiance, ce n’est pas possible après ce qu’il s’est passé. On nous ment, la justice ne fait pas son travail et c’est nous qui en subissons les conséquences, du moins par notre fille".

Pour obtenir des réponses dans ce qu'ils estiment être un scandale judiciaire, les parents d'Anne Lise vont assigner l'état en responsabilité devant le tribunal judiciaire de Paris pour faute lourde. Le violeur présumé est actuellement en détention provisoire et mis en examen pour "viol sur mineur de plus de quinze ans" et "menaces de mort avec ordre de remplir une condition".

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Gwenaël Windrestin et Lucie Nolorgues (avec Guillaume Dussourt)