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"Je vais bientôt rencontrer Allah": les derniers mots d'un kamikaze du Bataclan à sa mère

C'est l'une des dernières révélations de l'enquête sur le 13 novembre 2015 que nous dévoilons sur RMC. Grâce à l'exploitation du téléphone d'une otage, les policiers ont découvert que les derniers mots d'un des kamikazes du Bataclan, où sont mortes 90 personnes, ont été adressés à sa mère, quelques instants avant l'assaut des policiers de la BRI.

A 23h55, à l'étage du Bataclan, Foued Mohamed Aggad qui retient en otage une dizaine de personnes depuis plus de 2 heures, kalachnikov à la main, envoie un message à sa mère. Il se connecte à son compte Skype avec un téléphone et il écrit : "Je t'aime".

Sa mère qui n'a plus de nouvelles depuis plusieurs semaines répond tout de suite : "Tu es là waldi (mon fils, en arabe, NDLR)? Comment tu vas, je t’aime fort". Un quart d'heure plus tard, le terroriste lui écrit qu'il va "bientôt rencontrer Allah", il lui demande de faire une "Doua", une prière, et de contacter sa femme qu'il a essayé d'appeler sans succès. "Urgent, vite" précise-t-il. Sa mère lui dit que sa femme ne répond pas. "Waldi, je t’aime" écrit-elle. 

A 00h13, Foued Mohamed Aggad envoie "moi aussi". Ce sera son dernier message. Les policiers donnent l'assaut à 00h18, moins de cinq minutes plus tard, le terroriste est touché par balle et la charge avant de sa ceinture explose. 

"On a pensé à tous ceux qui n'ont pas pu dire au revoir à leurs parents"

Le téléphone qu'il a utilisé pour contacter sa mère est retrouvé taché de sang par les enquêteurs sur une marche d'escalier. Foued Mohamed Aggad l'avait pris à une otage pour négocier avec la police. Cette femme a pris connaissance des messages l'an dernier, lorsque les enquêteurs l'ont appelée pour déverrouiller l'appareil. Elle dit avoir été "bouleversée" en découvrant les derniers mots du jihadiste à sa mère, "bouleversée en tant que maman", a-t-elle précisé, avant d'ajouter "mon mari qui était aussi présent au Bataclan ce soir-là, a lui pensé à tous ceux qui n'avaient pas eu le temps de dire au revoir à leur parents". 90 personnes sont décédées au Bataclan sous les balles de trois terroristes.

Claire Andrieux avec P. G.