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L'Office antidrogue démantèle un vaste réseau de trafiquants de cocaïne entre Europe et Colombie

INFO RMC - Un coup de filet gigantesque. L'Office français anti-drogue a démantelé, dimanche, un vaste réseau de trafiquants de cocaïne entre l'Europe et la Colombie. Près d'1,3 tonne de drogue a été saisie dans une villa près de Bordeaux, destinée à approvisionner le marché européen. C'est l'un des plus gros volumes de cocaïne jamais découverts sur le sol français.

C'est un trafic de cocaïne d'ampleur internationale qui a été démantelé en France ce week-end. Près d'1,3 tonne de cocaïne a été saisie dans la région de Bordeaux, dévoilant les manoeuvres de groupes criminels qui affluaient de toute l'Europe pour se fournir, en France, auprès de trafiquants d'Amérique latine. 23 personnes ont ainsi été arrêtées dimanche 19 novembre par l'Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), appuyés par la Direction centrale de la Police judiciaire, la BRI et les PJ de Paris et Bordeaux. Parmi les personnes interpellées, 11 Colombiens, 3 Français, 3 Albanais, des Italiens et un Turc. Certains s'étaient donné rendez-vous dans une villa proche de Bordeaux afin d'y récupérer la drogue, avant d'être interrompus par les policiers.

Saisie de véhicules et des centaines de milliers d'euros

La cocaïne, saisie par les enquêteurs, était dissimulée notamment dans des valises et des sacs de sport. 1,3 tonne, à 30.000 euros au kilo, soit l'équivalent de 39 millions d'euros estimés à la revente pour les trafiquants.

Plusieurs centaines de milliers d’euros en espèces ont par ailleurs été saisis, ainsi que sept véhicules.

Les hommes interpellés sont suspectés d’être ou de travailler pour de gros distributeurs de cocaïne en Europe. L’enquête a montré qu’ils étaient capables de venir chercher plusieurs centaines de kilos de stupéfiants à chaque convoi dans le but d'approvisionner les marchés français, italiens, espagnols, anglais et d’Europe de l’Ouest.

Une occasion pour l'Office anti-drogue de rebondir

Cette saisie est le fruit de mois de collaboration policière. Depuis mars, les policiers de l’Office anti-drogue de Nanterre et de Bordeaux ont suivi la trace de ces réseaux criminels avec l’appui de leurs homologues américains, la Drug Enforcement Administration (DEA), espagnols, les Unidad de Droga y Crimen Organizado (UDYCO), et colombiens. Huit mois d’enquête au total, coordonnée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux.

Une belle affaire qui tombe à pic pour l’Office anti-drogue, dont les méthodes ont été critiquées par des juges d'instruction parisiens. Trois officiers des stups ont récemment été mis en examen pour complicité de trafic de stupéfiants. En octobre, 70 policiers de l’Ocrtis avaient collectivement rendu leurs armes en signe de protestation. Cette affaire sonne comme une revanche.

"Elle n’aurait jamais pu aboutir avec les magistrats de Paris dans le climat actuel, explique un officier à RMC. Heureusement il existe des juridictions où l’on peut travailler sereinement et étroitement avec la justice, et les résultats sont là."
Claire Andrieux (avec Paul Conge)