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Les dernières images d'Yvan Colonna, deux mois avant son agression mortelle à la prison d'Arles

C'est une vidéo exclusive BFMTV/RMC: les dernières images d'Yvan Colonna, vivant, deux mois avant son agression mortelle dans la prison d'Arles. On voit le nationaliste discuter de l'indépendance de la Corse et de son avenir.

Deux mois avant son agression mortelle par un co-détenu de la prison d'Arles le 2 mars dernier, Yvan Colonna a été filmé par un autre prisonnier. Sur cette vidéo exclusive que se sont procurés RMC et BFMTV, on voit le militant nationaliste vieilli mais toujours aussi vif notamment sur les questions de l'indépendance de la Corse et sur son avenir.

En ce jour de janvier, les cheveux courts grisonnants, le visage marqué par les années, Yvan Colonna est attablé dans la cour de promenade de la prison d’Arles, face à un codétenu basque qui lui apprend à jouer aux échecs. Il est filmé avec son consentement.

Très vite, la discussion concerne la Corse. Yvan Colonna évoque désolé le nombre de Français du continent venant s’installer sur l’île chaque année: "Il y en 4.000 par an maintenant. Il y en a déjà eu 35.000 depuis 20 ans. On est dilués, c'est la dilution du peuple corse parmi les Français qui arrivent".

Sa confiance en l'indépendance de la Corse

Après 19 ans de prison, l’engagement du militant nationaliste n’a pas bougé. Il reste confiant sur l’indépendance de son île: "Les Français, ils ne discutent pas. Il faut que les Français discutent. Moi j'ai confiance", assure-t-il. "Tu penses que la Corse sera indépendante un jour?", lui demande un codétenu. "Bien sûr, la Corse va être indépendante. On va gagner, j'ai confiance", répète Yvan Colonna.

Des paroles presque prémonitoires, prononcées deux mois avant sa mort. Depuis, des négociations sont en cours sur une possible autonomie de la Corse. En attendant, une nouvelle manifestation est prévue ce dimanche à 15h à Ajaccio, à l'appel du Collectif dit "de Corte" et de la famille Colonna.

Mercredi, le directeur de la prison d'Arles, auditionné par le Sénat, a assuré que son meurtrier un djihadiste camerounais "voulait se payer quelqu'un de connu".

Jean-Baptiste Bourgeon (avec G.D.)