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Les policiers dénoncent le laxisme de la justice: "Notre parole ne compte pas"

La colère des policiers n'est pas retombée

La colère des policiers n'est pas retombée - AFP

Une semaine après le début du mouvement de grogne, les syndicats de policiers, appellent à des rassemblements mardi devant les tribunaux pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice avec les agresseurs de forces de l'ordre.

Nouvelle journée de mobilisation pour les policiers ce mardi, mais à l'initiative de leurs représentants cette fois-ci. Les syndicats Alliance, Synergie, Unsa, et des commissaires appellent au rassemblement devant les tribuanaux. Avec deux mots d'ordre: dénoncer contre "le laxisme" et "pour une justice plus solidaire avec les policiers". En effet, les policiers ont de plus en plus l'impression de devenir des cibles faciles car leurs agresseurs ne sont pas sanctionnés.

C'est le cas pour Marc, policier dans les Yvelines: "Avec mes collègues, un soir, on s'est fait caillasser. L'individu a été interpellé. On nous a demandé de ramasser les pierres avec lesquelles on s'était fait caillasser pour d'éventuelles traces et empreintes. Mais sceller des cailloux, devant un parquet ça ne passe pas, s'emporte-t-il. On n'a donc pas fourni assez de preuves malgré le fait qu'on avait des vidéos. C’est-à-dire que nous quand on assure que c'est lui, qu'on l'a vu, notre parole ne compte pas".

"L'écœurement le plus total"

"On a croisé cette même personne dans le même quartier, elle nous a nargués, poursuit-il, dépité. Et ça se repassera". Loïc Travers, porte-parole du syndicat de police Alliance pour l'Ile-de-France, dénonce lui aussi le laxisme de la justice: "On a des types qui ont été interpellés à quatre reprises pour des vols avec violences en réunion qui ont finalement été relaxés alors qu'un de prison ferme avait été requis un an de prison ferme, déplore-t-il. C'est l'écœurement le plus total pour nos collègues qui les interpellent et font la procédure".

"C'est vraiment renvoyé une image de non fermeté et nier le travail des policiers mais aussi des citoyens qui ont été victimes de ces vols", ajoute-t-il. "Il y a une certaine incompréhension et une forme d'effarement, assure de son côté Olivier Janson, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats. Ce que souvent les policiers ne voient pas c'est qu'il y a une grande perte des qualités de procédure. Tout simplement, parce que la hiérarchie policière ne supervise plus les procédures".

"Ces failles vont être exploitées"

"Les commissaires ne font plus d'enquête, dénonce-t-il. Les commissaires font des statistiques. Ils gèrent les voitures, les ressources humaines mais ne font pas de judiciaire. Et les policiers qui interpellent les délinquants ne se rendent pas compte de ça. Or, à l'audience, ces failles vont être exploitées". Clarisse Taron, présidente du syndicat de la magistrature, comprend la frustration des policiers. Mais, pour elle, le laxisme des juges est une perception qui ne correspond pas franchement à la réalité.

"La qualité de victime de policier est entendue comme celle de toute victime, argumente-t-elle. Maintenant, il appartient au Ministère public d'apporter la preuve qu'une infraction est commise pour vérifier, comme on le fait toujours, les dires d'une victime". Une victime qui a tout de même un statut particulier: les violences à l'égard des policiers sont en effet passibles de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

M.R avec Marion Dubreuil et Claire Andrieux