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Manifestation de soutien à Théo: "le policier aura peut-être des sanctions mais il n'ira jamais en prison"

Pour la deuxième soirée consécutive, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées autour du métro Ménilmontant, à Paris (XIe-XXe), mercredi soir, réclamant "justice pour Théo", ce jeune homme victime d’un viol présumé jeudi dernier lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Justice pour Théo". Ce mercredi, à Paris, non loin du métro Ménilmontant, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans une ambiance tendue. Encerclés par des dizaines de policiers casqués, les manifestants de tous les âges, dont certains cagoulés, ont plusieurs fois fait face aux forces de l'ordre. Dans le rassemblement, un fort ressentiment contre la police. "Police, violeurs, assassins", "tout le monde déteste les violeurs", a chanté la foule en frappant dans ses mains.

Un rassemblement qui n'émanait pas de proches du jeune Théo. Lancé sur le réseau social Facebook, le rassemblement a réuni de nombreux sympathisants d'extrême gauche, issus de mouvement comme Nuit Debout ou de la lutte contre la Loi Travail. Et, après l'agression subie par le jeune Théo, c'est désormais la police et la justice qui sont décriées. Parmi les manifestants, Baptiste, 18 ans, étudiant en fac d'Histoire, se dit convaincu que la justice ne sanctionnera pas assez durement le policier mis en examen pour viol: "Il y a une impunité totale. Le policier aura peut-être des sanctions mais il n'ira jamais en prison".

"Quelque chose de rompu"

Paul estime, pour sa part, que l'interpellation brutale du jeune Théo par les forces de l'ordre est loin d'être un incident isolé: "Ces actes-là ont tendance à se répéter. On a par exemple vu en juillet la mort d'Adama Traoré. Il y a quand même une montée en puissance, notamment dans les quartiers populaires, des agressions de ce type. Il faut que l'on se saisisse de ces histoires-là car il s'agit de cas de violations des droits de l'homme, et de violation d'un corps de quelqu'un qui ne demandait rien du tout."

Force est de constater qu'entre ces manifestants et la police la communication ne passe plus. Samuel dénonce la responsabilité du gouvernement: "Il y a vraiment quelque chose qui est rompu. Ils suivent les ordres. Or, les ordres sont répressifs".

M.R avec Benoît Ballet