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Marseille: quand des habitants occupent l'espace pour empêcher les dealers de s'installer

Dans la résidence des Campanules, on tient tête aux dealers. Les habitants de ce quartier de Marseille ont décidé d'investir les halls des immeubles de la résidence pour empêcher un point de deal de s'installer.

"Nous allons gagner". A Marseille, les habitants des Campanules s'unissent face aux dealers. Les habitants de cette résidence du 11e arrondissement organisent leur propre défense pour empêcher l'installation d'un trafic de stupéfiants depuis le 1er janvier. Environ 200 d'entre eux se sont rassemblés ce dimanche 8 janvier pour demander le départ des dealers venus de la cité voisine d'Air-Bel. Leur méthode? Occuper le terrain à la place des dealers.

Tout commence lorsque les habitants voient un fauteuil s'installer dans la cage d'escalier. Ils interviennent donc pour chasser les dealers et empêcher la mise en place d'un point de deal. Ils se relaient désormais jour et nuit pour garder le hall d'immeuble et occuper le terrain à leur place. "S'il faut rester six ans en bas et faire des allers-retours, nous le ferons. Nous allons gagner", promet une habitante à France Bleu.

"L'installation de ces points de deal, c'est la fin de la tranquillité des habitants"

"Les Campanules, c'est une petite résidence dans les quartiers est de la ville, dans une zone très agréable à vivre", explique ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules", Kaouther Ben Mohamed, présidente de l'Association Marseille en colère. "A côté, il y cependant une grosse cité, où j'ai grandi et travaillé comme intervenante sociale, la cité d'Air-Bel et ses 9.000 habitants", explique-t-elle sur RMC et RMC Story, défendant ces initiatives citoyennes.

"Les habitants savent que l'installation de ces points de deal, c'est la fin de leur tranquillité et du bien-vivre dans leur résidence. Ils ont interpellé le bailleur social pour mettre des agents de sécurité mais ce n'est pas le travail d'un agent de sécurité. C'est celui de la police nationale", ajoute-t-elle.

"Soit on pénalise les consommateurs, soit on légalise"

Pour l'avocat Charles Consigny, il faut aussi agir sur les consommateurs. "La lutte contre le trafic de stupéfiants en France n'est pas pensée. La police et la justice essaient de faire ce qu'ils peuvent, les dealers se font régulièrement attraper et la justice est dure avec eux mais on ne pénalise absolument pas les consommateurs", déplore-t-il.

"Il faut choisir. Soit on décide vraiment qu'on veut bannir la drogue et on pénalise aussi les consommateurs en les sanctionnant sur le plan pénal. Soit on a un autre point de vue et on légalise. Mais cet entre-deux est mortifère, il y a même une hypocrisie", estime le conseil.

Pour l'instant, à Marseille, les habitants des Campanules tiennent bon. En plus des agents de sécurité, ils aimeraient voir le bailleur social Erilia installer une barrière électrique à l'entrée de la résidence pour empêcher le passage des dealers en voiture ou en scooter. Et en cas d'inaction du bailleur, ils se disent prêts à retarder le paiement de leur loyer.

G.D.