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Mehdi Nemmouche formellement reconnu comme geôlier de Daesh par deux ex-otages français

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Mehdi Nemmouche, jugé aux assises pour la tuerie du musée juif de Bruxelles en 2014, est aussi soupçonné d'avoir séquestré quatre journalistes français lors de son séjour en Syrie dans les rangs du groupe Etat islamique l'année précédente.

Nicolas Hénin et Didier Francois étaient appelés à témoigner ce jeudi matin devant la cour d'assises de Bruxelles dans le procès de Mehdi Nemmouche pour la tuerie du musée juif de Belgique.

Les deux journalistes enlevés et détenus près d'un an en Syrie par l'Etat islamique entre 2013 et 2014 sont formels, Mehdi Nemmouche est bien Abou Omar le geôlier qui les a torturés quand ils étaient otage en Syrie en 2013.

Coups, privation de nourriture, mise en scène d'exécution...

Dans la salle, les deux journalistes sont assis côte-à-côté, face à la cour. A quelques mètres seulement de Mehdi Nemmouche. Nicolas Hénin le décrit en trois mots: "sadique", "ludique" et "narcissique". Le journaliste détaille les séances de torture qu'il leur a fait subir.

Coups, privation de nourriture, mise en scène d'exécution... A l'époque déjà, son antisémitisme débordait, explique Didier François. Il voulait "fumer une petite juive" comme Mohamed Merah.

Nicolas Hénin: "Il voulait être un modèle, mais c'est un lâche"

Mehdi Nemmouche était aussi "joueur" reprend Nicolas Hénin qui évoque les quiz, les imitations et les blagues de leur bourreau. "Il était ravi de nous avoir dans son aventure syrienne." Didier François se rappelle qu'il l'avait surnommé "mon petit Didier". Ce surnom arrache un sourire à Mehdi Nemmouche. Comme un aveu. "Ah il sourit, il s'en souvient" souligne Nicolas Hénin.

Pour le journaliste, Mehdi Nemmouche rêvait déjà de son procès d'Assises en Syrie. Avec ses otages pour témoins. "Et nous voilà", poursuit Didier François. "Il voulait être un modèle", explique Nicolas Hénin. "Mais c'est un lâche."

A Bruxelles, Marion Dubreuil