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Mutations "par piston syndical": 36 policiers s'apprêtent à lancer une action de groupe

Info RMC - 36 policiers vont lancer en septembre une action de groupe contre le ministère de l'Intérieur. Ils estiment que l'administration leur a refusé injustement leurs demandes de mutation au profit d'autres candidats soutenus par les syndicats.

C'est une première. 36 policiers s'apprêtent à lancer une action de groupe contre le ministère de l'Intérieur. Selon eux, l'administration a refusé injustement leurs demandes de mutation. Et aurait privilégié des candidats soutenus par les syndicats.

Pierre est policier en région parisienne depuis 10 ans. En 2015, il a demandé à être muté dans l'ouest de la France, sans succès: "Ma mutation a été refusée. Deux collègues plus jeunes que moi ont été mutés sur des postes que j'avais demandés. J'ai tout à fait compris que c'était du piston via des délégués syndicaux".

Le tribunal administratif a donné raison à Pierre, estimant que le refus de sa mutation était illégal: "Ce système mafieux nous empêche de nous rapprocher de nos proches et cela a un impact sur notre motivation", déplore-t-il.

"J'espère qu'en 2018, on aura un système de mutation avec des critères simples"

Le système doit changer selon Anne-Constance Coll, l'avocate du syndicat Alternative police, qui portera ce recours collectif en septembre: "J'espère que pour l'année 2018, on aura enfin un système de mutation qui soit propre, qui soit au mérite, avec des critères simples, avec des points qui soient transparents. On va essayer de prendre le ministère par les zones sensibles c’est-à-dire par les finances". Davantage de policiers pourraient s'associer à cette action de groupe d'ici-là.

Du côté des syndicats, on estime que c'est l'administration qui lèse parfois les candidats à la mutation: "Il y a des policiers parfois injustement écartés des mutations par l'administration, le fait que les syndicats puissent avoir des candidats à proposer à la mutation permet de réparer ces injustices. C'est essentiel, c'est d'ailleurs le principe du paritarisme avec les syndicats dans les commissions", juge Frédéric Lagache du syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix.

Claire Andrieux (avec P.B.)