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Nicole Belloubet, ministre de la Justice, sur RMC: "Nous allons créer un parquet national antiterroriste"

Après l'attentat commis entre Carcassonne et Trèbes et avant l'hommage national au gendarme Arnaud Beltrame, la Garde des Seaux a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

"Cet hommage, c'est l'émotion partagée par tous les Français": quelques heures avant l'hommage national au lieutenant-colonel Beltrame, tué par Radouane Lakdim dans une prise d'otage sanglante à Trèbes, aux Invalides, Nicole Belloubet, ministre de la Justice a tenu saluer le courage du gendarme sur RMC:

"C'est à la fois le courage inouï qui est salué, c'est l'émotion de tout un peuple et je dirai aussi que c'est une souffrance partagée. Ce qui me frappe, c'est le partage de tous les Français en se disant qu'il est inouï d'avoir fait ce geste et quelle souffrance pour ceux qui restent, qui l'attendent et qui ne le reverront jamais. Tout cela créé une émotion immense".

"Un maillage sur le territoire sera créé avec des magistrats aux compétences spécialisées"

Jean-Jacques Bourdin a également posé la question qui agite depuis plusieurs jours la classe politique: la justice antiterroriste est-elle adaptée face à la menace islamiste?

Pour Nicole Belloubet, c'est un oui: "La justice antiterroriste est adaptée, mais on peut faire encore mieux" a-t-elle ainsi expliqué mettant en avant "de nombreuses réussites à son actif". La Garde des Sceaux a donné des précisions concernant la création d'un parquet national antiterroriste sur RMC: "Nous allons créer un parquet national antiterroriste, c'est à dire donner au procureur qui va coordonner une unité de tâches autour de l'antiterrorisme. Le procureur Molins, qui fait un travail extraordinaire, est aujourd'hui aussi procureur de Paris. Nous voulons recentrer les tâches. Un maillage, une forme de toile d'araignée, sur le territoire sera créé avec des magistrats aux compétences spécialisées. Il y aura la centralisation et en même temps la présence sur tout le territoire" a-t-elle précisé.

Sur les différentes critiques entendues depuis, notamment, l'attentat de Trèbes, la ministre a confié que la Justice "pouvait peut accentuer les visites domiciliaires", tout en rappelant tous les moyens déjà mis en oeuvre. "On ne peut pas mettre en rétention une personne sur la base d'une fiche S qui est un instrument de police, une balise destinée à attirer les services de renseignements. Il faut un juge, on est dans un Etat de droit. Il faut protéger, c'est un impératif, mais il faut respecter les règles de l'Etat de droit".

"Il est absolument incroyable, aujourd'hui, en France, en 2018, qu'on meurt parce qu'on est juif"

Nicole Belloubet est, enfin, revenue sur la mort de Mireille Knoll, à Paris. Deux hommes ont été mis en examen et écroués mardi pour "homicide volontaire" à caractère antisémite après la découverte vendredi dernier du corps de cette femme juive de 85 ans lardé de 11 coups de couteau et en partie carbonisé dans son modeste appartement: "Il est absolument incroyable, aujourd'hui, en France, en 2018, qu'on meurt parce qu'on est juif, qu'on meure pour une qualification qui fait partie de l'intime" a-t-elle expliqué.

Quelques heures avant la "marche blanche" organisée mercredi après le meurtre de Mireille Knoll, L'ensemble des dirigeants politiques ont annoncé leur participation à la une octogénaire juive tuée à Paris, même si le Crif a assuré que le FN et les Insoumis n'étaient pas les bienvenus. "Il y a des moment d'unité où il faut dépasser tout cela" a plaidé la ministre sur RMC.

Jean-Jacques Bourdin et X.A