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Ocean Viking: pourquoi 123 migrants ont été libérés par la justice

123 migrants de l'Ocean Viking ont été libérés par la justice, ce vendredi, à la suite d'un imbroglio judiciaire. La justice a estimé ne pas pouvoir statuer en temps voulu, alors que l'Ofrpa a émis un "avis défavorable" à leur accueil en France.

La plupart des migrants de l’Ocean Viking qui étaient retenus dans un centre sur la presqu’île de Giens (Var) ont été libérés ce vendredi, une semaine après leur arrivée. Au total, 123 migrants ont pu quitter la zone d'attente sur décision des juges et son désormais libres de leurs mouvements. La justice a estimé qu'elle n’a pas eu les moyens de statuer dans les délais légaux.

Mardi, le juge du tribunal de Toulon a décidé de remettre en liberté 123 migrants faute de magistrats et d’interprètes en nombre suffisants. Il devenait impossible de respecter les délais de procédure. En effet, la justice n’a légalement pas le droit de retenir plus de quatre jours des migrants dans le centre. Ces 123 personnes, originaires de différents pays, n’ont donc plus d’obligation légale de rester en zone d’attente.

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Un "avis défavorable" de l'Ofpra

Le parquet a fait appel pour 108 d'entre eux, un appel rejeté par la Cour d'Appel d'Aix-En-Provence. Quinze étaient déjà libres depuis mardi, et les 108 autres, concernés par l'appel, le sont depuis ce vendredi. De plus, 26 mineurs pris en charge sur le bateau ont fugué, jeudi.

Dans le même temps, les demandes d’asile de ces 123 migrants ont été rejetées par l’Ofpra, qui a pu, en parallèle, examiner leur situation individuelle depuis une semaine, et émis un "avis défavorable" à leur entrée sur le territoire. Un représentant du ministère de l'Intérieur a indiqué face au Conseil d'État que ces 123 personnes font l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire.

En théorie, les autorités pourraient prononcer leur expulsion. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l'avait laissé entendre en début de semaine. A moins que ces migrants ne lancent des recours, suspensifs. Ils ont un mois pour le faire.

Guillaume Biet avec MM