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"On est des travailleurs comme tout le monde": des policiers aussi mobilisés contre la réforme

Les policiers sont aussi dans la rue ce jeudi aux côtés des manifestants contre la réforme des retraites. Car leur statut est également menacé par le projet gouvernemental. Mais pour manifester en tant que policier, il faut respecter quelques conditions.

Les manifestants contre la réforme des retraites sont nombreux à défiler ce jeudi 19 janvier. Avec aussi une forte présence policière pour encadrer les différents cortèges. Mais des policiers seront également parmi les manifestants. Non pas pour infiltrer le cortège mais pour manifester aussi contre la réforme des retraites, alors que leur régime est aussi concerné par le projet gouvernemental.

Fonctionnaire de police en Seine-et-Marne, Gabriel se dit contre la réforme des retraites. Si son corps de métier garde la possibilité de partir plus tôt, il assure que les policiers cotisent plus et ont en plus perdu leur droit de grève depuis bien longtemps. "On finance notre départ anticipé en retraite, à hauteur de 17-20%, là où les autres secteurs sont en général à 10-12%", assure-t-il ce jeudi aux "Grandes Gueules".

"J’aurais bien voulu manifester mais nous, on a une obligation de service. Donc n’iront manifester que ceux qui seront disponibles et sur leur temps libre", ajoute-t-il sur RMC et RMC Story.

"La vie, ce n’est pas juste décéder après le boulot"

C’est le cas notamment à Nice où plusieurs policiers manifestants étaient visibles dans le cortège place Massena. "On est là pour défendre le système des retraites qui est correct et équitable", assure un policier niçois à RMC. "On est aussi avec la population parce qu’on est des travailleurs comme tout le monde. On pense aussi à nos enfants. La vie, ce n’est pas juste décéder après le boulot", poursuit-il.

"Dans cette réforme de retraites, il était question de faire disparaître les régimes spéciaux dont le nôtre. Si on perd le droit de départ anticipé, j’espère qu’on récupérera le droit de grève au moins et j’attends ça avec impatience", espère Gabriel qui assure qu'en cas de retour du droit de grève, ce sont les gendarmes qui devront se charger du maintien de l'ordre.

Les premiers chiffres remontés par les préfectures et recensés par l'AFP faisaient pour le moment état d'une mobilisation importante: au moins 30.000 personnes ont ainsi défilé à Toulouse, 6.500 à Mulhouse, 6.000 à Tarbes, 4.000 à Nice comme à Belfort. Des niveaux comparables à ceux du 5 décembre 2019: au démarrage de la contestation contre le précédent projet de réforme des retraites, la police avait compté 806.000 manifestants en France, la CGT 1,5 million.

G.D.