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Ouverture du procès de la catastrophe de Millas: quels sont les enjeux?

Six jeunes collégiens ont été tués le 14 décembre 2017 lors de la collision entre un TER et leur car scolaire. La conductrice du car est la seule sur le banc des prévenus, mais assure avec la majorité des témoins que la barrière du passage à niveau était ouverte.

Eclaircir les circonstances du drame pour apaiser les familles des victimes. Le procès de la catastrophe de Millas s'ouvre ce lundi matin à 10h30 devant le tribunal correctionnel de Marseille. Six collégiens âgés de 11 à 13 ans avaient perdu la vie dans la collision entre une rame de TER et un car sur un passage à niveau dans cette ville des Pyrénées-Orientales, le 14 décembre 2017. 17 autres avaient été blessés, dont 8 très grièvement.

Au coeur de ce procès: la responsabilité de la conductrice du car. Cette dernière affirme depuis le début que la barrière du passage à niveau n'était pas baissée au moment de l'impact, alors que l'enquête a établi que la barrière était fermée. La responsabilité de la conductrice du bus est au cœur de ce procès.

Pas de dysfonctionnement du passage à niveau, pas de défaillance de l’autocar, l’instruction a débouché sur l’hypothèse la plus probable: celle de l’accident et de l’erreur humaine. Avec une seule responsable: la conductrice de l’autocar.

La barrière était-elle ouverte ou non?

Celle qui sera seule sur le banc des prévenus n’a jamais varié dans ses déclarations. Pour elle, la barrière du passage à niveau était bien ouverte, et c’est pour cela qu’elle s’est engagée avec l’autocar sur la voie.

D’ailleurs, lors de l’enquête, la très grande majorité des témoins confirme ce que dit la conductrice, et pointe la responsabilité de la SNCF. Quelques rares témoins disent le contraire, les magistrats estiment donc qu’il faut être prudents avec ces déclarations.

Ce sera tout l’enjeu de ce procès. Une brèche dans laquelle les avocats de la conductrice comptent bien s’engouffrer. Une femme brisée, incapable de reprendre le travail depuis l’accident. C’est la première fois qu’elle prendra la parole publiquement depuis la tragédie.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)