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"Patrick Balkany a fait de la fraude fiscale et du blanchiment, mais pas dans les proportions qu'on lui reproche", déclare son avocat

Le procès Balkany s'est achevé ce mercredi après cinq semaines d'audience. Le tribunal de Nanterre doit rendre son jugement le 18 octobre pour le volet blanchiment et corruption du procès.

Le procès Balkany s'est clôturé ce mercredi au tribunal correctionnel de Nanterre. Les avocats ont pu prendre la parole une dernière fois dans ce second volet du procès. Patrick Balkany est un "homme politique du 20ème siècle explique son avocat Maitre Antoine Vey. Dans mon imaginaire, je vois davantage Patrick Balkany fumer un cigare avec Winston Churchill que manger des graines avec Yannick Jadot".

Antoine Vey entame sa plaidoirie avec une référence aux coulisses du procès. 

"On commet tous des erreurs, déclare-t-il au président. Le premier jour de l'audience Eric Dupond Moretti a commis l'erreur irréparable corrigée devant la France entière de donner à Patrick Balkany l'âge canonique de 71 ans", s'amuse Antoine Vey avant de s'adresser à son client qui sourit: "Vous avez eu raison de le corriger. Et dans cette affaire, il y a d'autres point à corriger, car on vous en attribue trop."

L'avocat du maire de Levallois-Perret file la démonstration autour du "fantasme Balkany" et d'un éventuel "scandale politico-financier". Aucun élément n'accrédite la thèse d'un financement de parti politique, balaye d'un revers de la main Antoine Vey, le fantasme, lui, reste. Comme Patrick Balkany l'a affirmé à la barre depuis le début de l'audience, son avocat assène que le patrimoine du couple provient de leur famille respective "parce qu'ils sont nés dans des familles riches". Et là poursuit Antoine Vey, "le fantasme tombe".

"Curiosités procédurales"

L'avocat s'étonne de ce qu'il appelle des "curiosités procédurales". Il ne comprend pas pourquoi les témoins qui ont nourri le dossier - Didier Schuller, ancien allié de Patrick Balkany a l'origine de l'ouverture de l'instruction, le banquier suisse Marc Angst qui a dénoncé l'élu des hauts de seine - des témoins qui ont eux aussi des choses à se reprocher, sous-entend l'avocat, et qui ne sont pas aujourd'hui sur le banc des prévenus. 

"On cherchait un dossier politique, affirme Antoine Vey. Je veux bien que la justice du 21ème siècle lave plus blanc que blanc, mais pour ça, il faut juger plus blanc que blanc". 

À ses côtés, Eric Dupond Moretti acquiesce, il plaidera dans un deuxième temps. "Patrick Balkany a fait de la fraude fiscale et du blanchiment, mais pas dans les proportions qu'on lui reproche", indique Antoine Vey.

Le jugement rendu le 18 octobre

L'avocat ne demande pas la relaxe du maire de Levallois Perret sur ces deux chefs d'accusations - fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale - mais il conteste les calculs de l'administration fiscale qui évalue à 13 millions d'euros le patrimoine dissimulé par le couple Balkany. Quant au volet de corruption, Antoine Vey conteste les faits comme Patrick Balkany durant toute l'audience. Son avocat affirme que le maire de Levallois Perret n'a "jamais fait de fleurs à Monsieur Al Jaber". Ca magnat saoudien soupçonné d'avoir versé des pots de vin à Patrick Balkany pour obtenir des délais de paiement après l'obtention du marché immobilier des deux tours de Levallois Perret.

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 18 octobre son jugement dans le second volet du procès des époux Balkany. Cette décision tombera donc un mois après le jugement dans le premier volet, portant sur le seul délit de fraude fiscale, mis en délibéré au 13 septembre. Contre Patrick Balkany, le parquet national financier a requis successivement quatre ans de prison pour fraude fiscale, puis sept ans pour blanchiment et corruption. Il appartiendra au tribunal de prononcer ou pas une confusion des peines, s'il condamne dans ces deux dossiers le maire de Levallois-Perret. 

Marion Dubreuil