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Police de sécurité quotidienne: "On ne fera rien sans l'ensemble des acteurs des quartiers"

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Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi la mise en place d'une phase de test pour sa nouvelle "police de sécurité du quotidien" dès 2018. Pour Daniel Chomette, secrétaire général délégué du syndicat SGP Police FO cette nouvelle "police de sécurité du quotidien" doit s'accompagner d'une modernisation des moyens de la police.

Daniel Chomette, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police FO, réagit aux annonces du président de la République.

"La police de sécurité du quotidien va devoir faire un travail de fond dans les quartiers. Elle ne devra également pas reproduire les erreurs de l'ancienne police de proximité: on n'y avait pas mis les moyens humains et financiers, ainsi que le matériel nécessaire à une bonne exécution et une bonne mise en place. Elle n’a pas été accompagnée par une réforme en profondeur des services de police.

"On doit diagnostiquer chaque zone"

La colonne vertébrale, c’est le rapprochement de la police et de la population. On ne fera rien sans l’ensemble des acteurs des quartiers, comme la justice ou les services sociaux par exemple. C’est la contribution de tous qui est nécessaire.

Il faut que chaque agent devienne une source de renseignement et ait un contact avec l’ensemble des habitants et des commerçants des quartiers. Il faudra prendre le pouls de chaque zone, avec des déclinaisons secteur par secteur. Ce n’est pas depuis nos états-majors parisiens qu’on va décider d’un seul et même modèle de police de sécurité du quotidien. On doit diagnostiquer chaque secteur.

Il faut aussi moderniser la police: banaliser l’utilisation de la vidéo, ou réduire la retranscription permanente par écrit des procédures, par exemple. Emmanuel Macron a d’ailleurs annoncé qu’il allait y avoir des concertations entre les ministères de l’Intérieur et de la Justice, pour aller dans ce sens.

Il est également important de simplifier la procédure pénale, et se libérer de toute les lourdeurs administratives.

"Amende forfaitaire délictuelle"

En matière de simplification de la procédure pénale, il y a le chantier de la répression liée au cannabis. On se rend compte que la politique actuelle en matière de cannabis n’a pas d’effet sur la consommation, alors que cela mobilise beaucoup les services de police.

Il sera intéressant de libérer les policiers de procédures lourdes. Nous souhaitons qu’il y ait une amende forfaitaire délictuelle adressée aux usagers de cannabis pris en train de fumer sur la voie publique. Cela éviterait des procédures qui ne mènent à rien et laisserait aux policiers, malgré tout, le choix de placer l’individu en garde à vue pour ne pas banaliser l’usage du cannabis.

Si la mise en place de ces amendes forfaitaires délictuelles était effective, on pourrait étendre ce système à d’autres délits, comme le vol à l’étalage ou la détention d’armes blanches, comme des ciseaux ou des petits couteaux. Cela permettrait de pouvoir libérer des effectifs de police affecté aux lourdes tâches administratives pour les remettre sur le terrain."

Propos recueillis par G.D.