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Procès de l'attentat de Nice: le verdict, redouté des familles, est attendu ce mardi

Après trois mois de débats, de questions et d'échanges, le procès de l'attentat de Nice touche à sa fin. Le verdict est attendu ce mardi, vers 17h. Le parquet national antiterroriste avait requis des peines allant de 2 à 15 ans de prison.

La Cour d'assises spéciale de Paris va délivrer, ce mardi, son verdict dans le procès de l'attentat de Nice, qui avait fait 86 morts et plus de 450 blessés le 14 juillet 2016.

Ce dénouement judiciaire est espéré autant que redouté par les victimes. "Il y aura des frustrations", a mis en garde le Parquet national antiterroriste qui a requis des peines allant de 2 ans de prison à 15 ans de prison contre les accusés.

"Il y a une espèce de perspective de soulagement et en même temps pas vraiment, parce qu’on sent qu’on va être déçus par le verdict [...] J’ai peur que les peines soient légères", s'inquiète Célia, dont la maman a été tuée lors de l'attentat.

L'assaillant avait été abattu par la police

En effet, aucun d'entre eux n'est jugé pour complicité de l'attentat. Les cinq magistrats professionnels doivent cependant, en répondant à 81 questions, dire leur "intime conviction" sur le rôle de chacun.

L'assaillant, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, 31 ans, qui avait foncé au volant d'un camion-bélier sur la foule rassemblée Promenade des Anglais, avait été abattu par la police au terme de sa course meurtrière. L'ombre de cet homme a hanté les débats pendant ces trois mois de procès.

La cour délibère depuis lundi matin après avoir entendu les derniers mots des accusés: des excuses, pour la plupart, adressées aux victimes et à leurs proches.

"La justice doit assumer qu’il y a des zones d’ombre"

Me Vincent Brengarth, l'avocat de Mohamed Ghraieb qui encourt 20 ans de prison, a plaidé l'acquittement de son client, qui a clamé son innocence jusqu'au bout. Ce proche de l'assaillant est soupçonné d'avoir eu connaissance de ce projet terroriste.

"La justice doit assumer qu’il y a des zones d’ombre considérables dans ce dossier et que ce doute doit profiter à l’accusé. Ce n'est pas parce qu’on est dans un procès terroriste et qu’il y a eu plus de 80 morts, que mécaniquement on doit entraîner une condamnation au profit d’une logique qui est celle du coupable par substitution", a déclaré Me Vincent Brengarth.

Sur les huit accusés, dont sept présents, ce sont surtout les trois hommes poursuivis pour association de malfaiteurs terroristes qui polarisent l'attention des 2.500 parties civiles. Le verdict est attendu à 17h.

AB avec Marion Dubreuil