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Rodéos urbains: comment le gouvernement tente de lutter contre le phénomène

Depuis 2018, le gouvernement tente de lutter contre les rodéos urbains avec des peines plus sévères et la confiscation automatique des véhicules impliqués. Visiblement insuffisant pour empêcher les accidents. Vendredi soir dans le Val-d'Oise, deux enfants de 10 et 11 ans ont été grièvement blessés, percutés par une moto.

Deux enfants de 10 et 11 ans ont été grièvement blessés, percutés par une moto lors d’un rodéo urbain à Pontoise (Val-d’Oise), vendredi soir. Un suspect a été arrêté et a reconnu les faits en garde à vue. Les accidents sont nombreux en marge des rodéos. En juillet dernier dans le Val-d’Oise déjà, une fillette de 3 ans avait été tuée, fauché par une moto à Goussainville.

Et le gouvernement peine à endiguer le phénomène: "C'est une priorité", assure pourtant ce lundi matin sur RMC Émilie Chandler, députée Renaissance du Val-d'Oise. L'élue rappelle qu'une loi dédiée à la lutte contre les rodéos mobiles existe depuis 2018 et qu'une nouvelle infraction a été créée, renforçant les peines et faisant des rodéos un délit.

De mai à juin, 7800 opérations anti-rodéos ont été mises en place sur tout le territoire assure Emilie Chandler. Et "des peines très sévères sont appliquées", ajoute la députée. "La peine peut aller jusqu'à 5 ans de prison en cas de consommation de drogue. Là à Goussainville, la justice va devoir intervenir rapidement entre ces phases de deuil et de colère".

"On retrouve de plus en plus les auteurs car dans un certain nombre de quartiers, il y a de la vidéosurveillance. Et puis les habitants sont excédés et vont expliquer ce qu'ils ont vu. Heureusement, sinon cela deviendrait invivable", précise Emilie Chandler.

"C'est devenu un passe-temps aussi populaire que le match de foot du samedi"

Désormais, les forces de l'ordre ont le droit de saisir directement les véhicules impliqués dans des rodéos sauvages. Depuis le mois d'avril, rien que dans le Val-d'Oise, 40 personnes ont été mises en cause et 37 véhicules ont été saisis: "Quand un rodéo mobile est arrêté, on saisit systématiquement le véhicule".

Mais les explications de la députée peinent à convaincre les habitants, les premières victimes de ces rodéos: "C'est devenu un passe-temps aussi populaire que le match de foot du samedi après-midi", déplore Frédéric, dont le quartier est gangréné par les rodéos mobiles.

"Tant qu'il n'y aura pas une réponse ferme en face, cela continuera en toute impunité. Contrairement à cette députée, nous sommes sur le terrain, pas dans les chiffres. Il y a juste à constater. La police ne peut interpeller les personnes pour éviter un accident ou des rébellions", déplore-t-il.

Gérald Darmanin monte au créneau

"On ne peut pas entendre que rien n'est fait", conteste pourtant Emilie Chandler. "Il faut continuer, faire de la prévention dans les écoles, faire de la surveillance et il faut des sanctions fortes et dissuasives".

Vendredi à Pontoise, l’une des deux victimes, une petite fille, a été touchée à la tête et risque de garder des "séquelles neurologiques lourdes", selon le parquet. Le garçon souffre d'une fracture du tibia-péroné. Une enquête est en cours pour blessures involontaires aggravées du délit de fuite.

Dans la foulé du drame, Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur, a promis 10.000 opérations de contrôle pour le mois d'août uniquement.

Guillaume Dussourt