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Un médecin français jugé à Paris pour avoir violé plusieurs enfants au Vietnam

Un médecin français âgé de 60 ans va comparaître devant la cour d'assises de Paris, à partir de ce lundi, pour des crimes sexuels commis au Vietnam sur des adolescents. Le professionnel de santé aurait abusé de plusieurs jeunes hommes et neuf d'entre eux ont pu être identifiés. L'auteur présumé des faits encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Les faits remontent à dix ans, mais c'est à partir de ce lundi qu'un médecin français est jugé par la cour d'assises de Paris, pour des crimes sexuels. Aujourd'hui âgé de 60 ans, cet homme a exercé en tant que gastro-entérologue à l'hôpital français de Hanoï, au Vietnam.

C'est dans ce pays qu'il aurait, entre 2011 et 2013, violé des adolescents vagabonds vivant dans les rues, âgés de 13 à 15 ans. Le procédé était le même: il repérait un jeune homme au bord du lac d'Hanoï et l'emmenait chez lui ou à l'hôtel pour en abuser, devant l'objectif de son appareil photo. Ensuite, il leur donnait 100.000 dongs, soit quatre euros au moment des faits.

Neuf jeunes Vietnamiens identifiés

À chaque fois, il filmait la scène. Jusqu'au jour où, en 2013, l'une des victimes a volé la carte mémoire de l'appareil et l'a dénoncé. Une enquête a donc été ouverte, menée depuis la France par la Direction centrale de la police judiciaire en coopération avec les autorités vietnamiennes.

Durant cette enquête, les enquêteurs ont découvert des dizaines de vidéos dans la carte mémoire. Neuf jeunes Vietnamiens se sont constitués parties civiles et ont été reconnus, en grande partie, sur des vidéos filmées par l'accusé. Plusieurs autres victimes ont été recensées sans pouvoir être identifiées.

De son côté, le médecin rejette les accusations et affirme que les adolescents étaient des prostitués. Il aurait d'ailleurs demandé la requalification des faits "en recours à la prostitution de mineurs", mais cela aurait été refusé.

Verdict attendu vendredi

La juge d'instruction a considéré que l'accusé avait bien exercé une contrainte morale sur ces jeunes garçons en proie à une grande misère, en profitant de son statut d'homme riche et occidental.

"Ce dossier revêt un caractère exceptionnel du fait de la profession de l'accusé et du nombre de victimes", a déclaré à l'AFP Me Emmanuel Daoud, au nom de l'ONG End Child Prostitution and Trafficking, partie civile.

"Démonstration est faite que lorsqu'il existe une coopération internationale, on peut déférer devant la justice ceux à qui il est reproché des viols à l'étranger."

Le verdict est attendu vendredi, après des débats qui pourraient se tenir à huis clos. Il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

AB avec Guillaume Biet