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Un professeur à ses élèves de Bobigny: "dès que vous aurez votre bac pro, foutez le camp"

François Hollande et Bruno Le Roux se rendent en banlieue pour appeler au calme après les violences urbaines qui secouent les quartiers sensibles. Malgré ces actions, la politique des gouvernements qui se sont succédé depuis 20 ans n’est pas à la hauteur selon Francisco, professeur à la retraite dans la Seine-Saint-Denis.

L’Etat a-t-il abandonné les quartiers? C’était la question de Bureau de vote mardi matin sur RMC. Oui selon Francisco, enseignant à la retraite en Seine-Saint-Denis, qui a vu l’Etat se désinvestir de ses missions dans l’Education nationale. A tous ses élèves, il a tenu le même discours: "partir", quitter la banlieue pour espérer une meilleure vie. Pour lui la réponse est claire, certaines villes ne sont même pas des lieux de vie

"Il n’y a plus rien à Bobigny et à Drancy. Ce ne sont pas des lieux de vie. Je disais à mes élèves: ‘dès que vous aurez votre bac pro et le BTS, foutez le camp’. ‘Vos parents sont coincés là, mais vous, partez!’ Il me demandait mais pour aller où? Et je répondais d'aller n’importe où. 'Allez à Montluçon dans l’Allier, c’est une ville où personne ne vous connaît, c’est assez joli, vous trouverez du travail, vous vous débrouillerez.' Ne restez pas dans les banlieues!"

Pour cet ancien professeur, il n'existe qu'un seul moyen de sortie, l'école. "Le mot banlieue vient du latin ban, ça veut dire, mis en dehors, mis au ban de la société, mis en retrait. Alors, bien sûr, tout le monde ne peut pas partir mais l’école, c’est la seule chose qui reste à ces jeunes pour s’en sortir."

Bourdin Direct avec A.B.