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Une avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes c’est scandaleux, ils se croient tout permis

L'avenue Serge Dassault a remplacé une partie du boulevard Jean Jaurès.

L'avenue Serge Dassault a remplacé une partie du boulevard Jean Jaurès. - Le Parisien

Le conseil municipal de Corbeil-Essonnes a transformé en 2015 une partie du boulevard Jean Jaurès en avenue Serge Dassault. Pour contrer cette décision, des habitants organisent ce vendredi un référendum citoyen. Ulysse Rabaté, conseiller municipal d’opposition à Corbeil-Essonnes, est scandalisé que le nom de l’ancien maire de la ville, condamné pour fraude fiscale, remplace celui de Jean Jaurès. Il s'exprime sur RMC.fr.

Ulysse Rabaté, conseiller municipal d’opposition à Corbeil-Essonnes, co-auteur du livre L’argent maudit, au cœur du système Dassault.

"Les habitants sont scandalisés. Le conseil municipal a transformé une avenue qui portait le nom d’un grand militant humaniste pour le remplacer par celui d’un milliardaire mis en examen et condamné dans des affaires de fraude fiscale (Serge Dassault a été condamné le 2 février dernier à deux millions d’euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour blanchiment de fraude fiscale, NDLR). Son nom est associé à beaucoup de choses qui sont le contraire de ce que représente Jean Jaurès.

C’est scandaleux. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des avenues Jean Jaurès. Il s’est battu pour la France, s’est opposé à la guerre au début du siècle. C’est une insulte que de comparer ce qu’il laisse à l’histoire de France avec ce que laisse Serge Dassault. On ne peut pas mettre ces deux personnes sur le même plan.

"C'est insupportable"

C’est insupportable que certains se croient tout permis. On est aujourd’hui dans un scandale politique avec les affaires François Fillon, Marine Le Pen etc. Ces gens qui ont le pouvoir exposent une image catastrophique. Ils se croient tout permis et méprisent les fondements de la République. Ils n’ont pas tous les droits et ne valent pas mieux que les autres. Il n’y a pas de raison qu’ils mettent leur nom à la place de celui de Jean Jaurès.

Dans ce contexte, c’est aussi pour ça qu’il y a autant de gens mobilisés aujourd’hui pour notre référendum citoyen. Ils sont des centaines à voter.

"Faire bouger les choses"

Plein de gens voulaient organiser une action symbolique. On a alors décidé de mettre en place un référendum citoyen devant le lycée et l’hôpital qui se trouvent sur l’avenue Serge Dassault car le sénateur est loin d’être un modèle pour les élèves.

Ce vote a déjà un impact. Aujourd’hui, des centaines de personnes se sont prononcées et mobilisées. On a permis à tous ces gens de s’exprimer et de voter Jaurès contre Dassault, ce qui n’est pas rien. Il y a une forte dimension symbolique dans cette action. On espère qu’elle va prendre de l’ampleur, pour faire bouger les choses."

Propos recueillis par Julie Breon