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Violences à Lyon: Gérard Collomb dénonce "la permissivité générale de la municipalité"

Gérard Collomb, ancien maire de Lyon et ancien ministre de l’Intérieur, pointe la responsabilité de l’actuel maire, Grégory Doucet, et de sa majorité dans la lutte contre les violences commises dans la ville.

Nouvelles violences à Lyon. Dans le quartier de la Guillotière, mercredi soir, trois policiers ont été encerclés et agressés par une cinquantaine de personnes alors qu’ils venaient interpeller l’auteur d’un vol à l’arraché. Pour Gérard Collomb, l’ancien maire de Lyon et ancien ministre de l’Intérieur, désormais conseiller municipal d'opposition, l’actuel maire Grégory Doucet et sa majorité sont trop laxistes.

"Il y a le quartier dont on parle ce matin, mais ce sont presque tous les arrondissements de Lyon qui voient se commettre des actes de délinquance et des actes graves, explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ ce vendredi sur RMC et RMC Story. Il y a une attitude de permissivité générale de la part de la municipalité, qui pense que la répression n’est pas une bonne attitude et donc qui laisse aller les choses. Du coup, les actes de délinquance se multiplient, avec comme on vient de le voir, l’attaque de policiers."

Selon Gérard Collomb, qui estime que ce quartier de la Guillotière "commence à ressembler de plus en plus à une ZAD", les choix effectués par la nouvelle municipalité sont en cause. "A la tête de la police municipale, nous avions un commissaire divisionnaire, souligne l’ancien maire socialiste. Il a été remplacé parce qu’il était jugé trop répressif. Et on va mettre à sa place quelqu’un qui s’occupait, dans l’établissement du Grand Orly, des finances et de la commande publique. Evidemment, cela ne correspond pas à la nature des problèmes que nous avons. (…) Le directeur de la police municipale venait toujours de la police nationale, depuis que j’avais été élu. Ça facilitait les capacités de discussion et d’action entre police nationale et police municipale. Il y avait une vraie convergence, une vraie aide mutuelle pour prendre en charge les problèmes de sécurité."

"C’est tout le spectre de l’extrême gauche qui est représenté aujourd’hui à Lyon"

"Sur les caméras, il y a un débat permanent au conseil municipal, parce qu’on ne veut pas augmenter leur nombre, ajoute Gérard Collomb, qui est toujours conseiller municipal (9e arrondissement). Quand je suis parti, il y avait 335 policiers municipaux, il n’y en a plus que 271. Donc on voit que les gens qui sont chargés de la sécurité à Lyon, dans la police municipale, désertent cette police aujourd’hui parce qu’on ne lui fait plus remplir les tâches pour lesquelles elle était prévue." Le maire écologiste Grégory Doucet n’est toutefois pas le seul à être tenu responsable par Gérard Collomb.

"On parle des écologistes, mais c’est tout le spectre de l’extrême gauche qui est représenté aujourd’hui à Lyon, avec un certain nombre de gens qui sont encore sur des positions plus radicales contre la police que les écologistes, assure l’ancien ministre. Le maire est tenu par sa majorité. C’est ce qui l’empêche de pouvoir remplir son rôle. C’est quand même le maire qui impulse les choses. Quand j’ai été élu en 2001, j’ai eu quelques articles disant que j’étais pro-sécuritaire. Au bout de quelque temps, il n’y a plus eu de problème dans la ville. Les choses se sont réglées et tout le monde trouvait que c’était une ville apaisée. Les problèmes de sécurité sont fondamentaux. La sécurité, c’est la première des libertés pour nos concitoyens."
Laurent Picat Journaliste RMC Sport