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"Vous êtes encore dans le déni": le procès en appel pour harcèlement moral à France Télécom s’ouvre

Les anciens dirigeants de France Télécom sont jugés à partir de mercredi devant la Cour d'appel de Paris et jusqu’au 1er juillet. En première instance, ils avaient été condamnés pour "harcèlement moral institutionnel", une première. Ce nouveau procès est très attendu par les victimes.

Les anciens dirigeants de France Télécom sont à nouveau jugés mercredi. Sept anciens cadres de l'opérateur, déjà condamnés pour "harcèlement moral" à la suite d'une série de suicides, comparaissent à 13h30 devant la cour d'appel de Paris. En première instance il y a trois ans, ces anciens dirigeants, dont le PDG de l'époque Didier Lombard, avaient été condamnés pour "harcèlement moral institutionnel", une première.

Ce nouveau procès est très attendu par les victimes. Noël y est présent, avec une écharpe sur laquelle sont brodés les noms de ces anciens collègues ayant mis fin à leurs jours, brisés par la pression et les changements de postes incessants. "Ce sont plus que des camarades, ce sont des amis. Ils seront là avec nous. On les porte avec nous et ils nous porteront eux aussi", raconte l’ancien délégué du personnel, lui aussi reconnu comme victime en première instance. Il dit n’avoir qu'une demande: "qu’à la fin, on soit aussi et encore reconnu comme victime".

Vous n’avez pas eu ma peau. Vous, vous êtes encore dans le déni mais moi ça y est j’ai repris le cours de ma vie, j’avance.

Ce procès en appel passe mal chez Béatrice, qui a tenté de se suicider sur son lieu de travail en 2011. Mais dix ans après, elle a le sentiment d'avoir pris sa revanche sur ses anciens dirigeants: "Vous n’avez pas eu ma peau. Vous, vous êtes encore dans le déni mais moi ça y est j’ai repris le cours de ma vie, j’avance", dit-elle au micro de RMC.

Créer un précédent dans le monde du travail

De leur côté, les syndicats espèrent créer un précédent dans le monde du travail. "Il faut que ça marque un tournant. On ne peut pas vivre dans une société qui ne prend pas en compte toutes ces souffrances. Je veux vivre dans une France où on peut s’épanouir au travail", espère Jean-Pierre, représentant CFTC Média + qui se porte partie civile.

En première instance, Didier Lombard, le PDG du groupe et l’ancien numéro 2 du groupe Louis-Pierre Wenès avaient été condamnés à un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15 000 euros d’amende. France Télécom avait écopé de l'amende maximum, 75.000 euros, et n'avait pas fait appel du jugement. Les audiences doivent se poursuivre jusqu'au 1er juillet.

Alfred Aurenche