RMC

"C'est diffamant": chahuté, Gérald Darmanin menace un militant de poursuites judiciaires

Gérald Darmanin a été chahuté ce samedi à Versailles, par des militants du "Collectif Ibiza". L'un d'eux a ironisé sur les accusations de viol contre le ministre de l'Intérieur et pour lesquelles il a été blanchi, une sortie qui n'a pas plu du tout au pensionnaire de la place Beauvau.

Un accueil agité. Alors qu'il se rendait ce samedi à une réunion publique à Versailles pour soutenir un candidat de la majorité lors d'une législative partielle, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a été accueilli et chahuté par des militants du collectif Ibiza, notamment.

Un premier homme s'est tout d'abord approché du pensionnaire de la place Beauvau pour prendre une photo, avant d'ouvrir sa chemise et d'afficher un t-shirt siglé: "Ça va bien se passer, Gérald Darmanin ou l'impunité en marche", en référence notamment à une expression que le ministre de l'Intérieur utilise régulièrement et qu'il avait lancée à l'attention d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV le 9 février lors d'un échange très tendu.

"Gérald ça va bien se passer!", ont chanté dans la foulée et à l'unisson plusieurs militantes du Collectif Ibiza. "On en a marre des féministes et on est content de voir que des gens comme Darmanin tiennent le coup face à ces 'féminazies'. Si on peut plus sucer pour avoir une promotion, comment on va faire franchement?", a ironisé Pauline Rapilly Ferniot, conseillère municipale écologiste à Boulogne Billancourt, en référence aux accusations de viols contre Gérald Darmanin, affaire pour laquelle il a pourtant obtenu un non-lieu en juillet dernier.

"Je vous attaquerai en justice"

Un autre militant s'est approché du ministre pour le "remercier" de son action contre les violences faites aux femmes. "Je voudrais vous remercier pour votre action contre les violences faites aux femmes. Moi je fais comme vous, une pipe contre un service et c’est vraiment super", a-t-il lancé.

Une sortie qui n'a pas du tout fait rire Gérald Darmanin: "C’est diffamant, c’est enregistré, je vous attaquerai en justice", a assuré le ministre de l'Intérieur.

Non-lieu

En juillet dernier, Gérald Darmanin avait obtenu un non-lieu alors qu'il était poursuivi par une femme qui l'accusait de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance pour des faits datant de 2009.

En mars de cette année, la plaignante avait demandé à l'élu, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (ancêtre de LR), de tenter faire réviser une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants à l'égard d'un ex-compagnon.

Selon elle, Gérald Darmanin lui aurait alors promis d'intervenir auprès de la Chancellerie, en échange de faveurs sexuelles qu'elle aurait acceptées, se sentant obligée de "passer à la casserole", selon son expression devant les enquêteurs. Devant les policiers, en février 2018, le ministre de l'Intérieur avait confirmé une relation sexuelle avec elle, mais selon lui librement consentie, à l'initiative de la plaignante et sans contrepartie.

G.D.