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Covid-19: comment Emmanuel Macron a rouvert la porte à une réintégration des soignants non vaccinés

Vendredi, Emmanuel Macron a ouvert la porte à une réintégration des soignants non vaccinés contre le Covid-19, si et seulement si les autorités scientifiques l'approuvent, alors qu'elles s'y sont toujours refusées depuis le début de la pandémie. Parallèlement, les élus antillais prônent cette réintégration face au faible taux de vaccination dans ces départements.

Près de 40.000 contaminations au Covid-19 chaque jour en France, 800 hospitalisations par jour pour Covid et près de 1000 patients en soins critiques. C'est dans ce contexte d'épidémie encore existante que revient la question de la réintégration des personnels soignants non vaccinés contre le Coronavirus, qui ne peuvent plus exercer depuis 2021? La question a enflammé l'Assemblée nationale, jeudi soir, entre pro et antis dans une séance d'une violence sans précédent depuis plusieurs années.

Le débat n'en reste pas là. Vendredi, c'est le président de la République qui s'est exprimé sur la question. Pour lui, la décision revient aux scientifiques et ce ne doit pas être une décision politique, corrigeant donc la position de son gouvernement.

"Il faut que la décision soit scientifiquement établie. Si les scientifiques, les médecins, les soignants nous disent que c'est souhaitable d'un point de vue scientifique de réintégrer ces soignants, il faut que le gouvernement le fasse. Ça n'est pas un choix politique."

Un désaveu pour le ministre de la Santé?

Cette interdiction est soutenue notamment par les scientifiques de la Haute autorité de Santé depuis septembre 2021. Les scientifiques ne devraient pas rendre d'avis avant 2023 mais le chef de l'Etat entrouvre donc bel et bien une porte pour la réintégration. Ils seraient 4.000 soignants, selon la Fédération hospitalière de France, à refuser la vaccination contre le Covid-19 et donc interdits de travailler.

Une porte-ouverte comme un désaveu pour son ministre de la Santé, François Braun, qui quelques minutes plus tôt, opposait un non catégorique à cette idée. "Remettre en cause la vaccination c'est mettre note pays en danger et quelque chose que je ne peux pas entendre" avait-il estimé, arguant que "quand on est soignant, on a une éthique et la première de cette éthique c'est protéger les personnes fragiles qu'on nous confie."

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Le manque de personnel dans les Antilles

Des députés des oppositions, et notamment les élus d'outre-mer où le niveau de vaccination est beaucoup plus faible qu'en métropole, réclament eux un retour avec un test Covid tous les jours pour les médecins et infirmiers non vaccinés.

Les hôpitaux manquent de bras. Dans les Antilles, "ceux qui ont un schéma vaccinal complet c'est moins de 20% des soignants" note Jean-Philippe Nilor député LFI de Martinique. "Comment l'hôpital peut-il fonctionner? Aujourd'hui, les directeurs d'hôpitaux ferment les yeux sur ça et utilisent des gens qui n'ont pas le schéma vaccinal complet car ils ne peuvent pas faire autrement", explique-t-il.

"Aurait-on accepté une telle situation sanitaire dans un autre territoire de l'Hexagone? Les gens sont en train de mourir dans des brancards chez nous."

La France est l'un des derniers pays d'Europe à maintenir l'obligation vaccinale des soignants. Elle a été abandonnée au Royaume-Uni, en Italie, au début du mois, et le sera au 31 décembre en Allemagne.

Cyprien Pézeril