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"Dans le privé, on vous ferme la porte": de nombreux macronistes battus ont du mal à se recaser

Après leur défaite aux législatives, des dizaines d'anciens députés macronistes ont du mal à retrouver du travail, notamment ceux qui étaient dans le privé. Soudés, ils sont restés en contact et échangent sur leurs situations. De son côté, Emmanuel Macron a chargé l'un de ses conseillers de les aider.

Il y a ceux qui ont trouvé une place au Grand Port de Marseille comme Christophe Castaner, à l'OCDE comme Amélie de Montchalin ou à la tête de la RATP comme Jean Castex. Pour d'autres macronistes battus aux élections législatives de 2022 (114 sortants défaits), la situation est plus compliquée. Selon les informations de RMC, plusieurs dizaines sont toujours en recherche d'emploi.

"Les recasés, c’est une minorité. Un tiers des battus est dans l'impasse", s'énerve un ex-élu du MoDem.

Le temps presse parce que pour un député, les indemnités chômage durent six mois maximum. En janvier, c'est fini.

"On est trop marqués politiquement"

Pour ceux qui travaillent dans la fonction publique ou en libéral, comme les enseignants ou les médecins, c'est plus facile. En revanche, pour ceux qui avaient quitté le privé pour se consacrer à la campagne puis au mandat de député, en 2017, c'est plus difficile.

"Pour ceux qui ont pris la lumière c’est dur, les entreprises ne veulent pas de personnalités exposées. On est trop marqués politiquement", dit un de ces anciens députés, avant d'ajouter: "Les employeurs ont peur du papier dans la presse locale". Et donc beaucoup de CV restent sans réponse.

Ça en agace plus d’un: "Dans le privé, on vous ferme la porte. Si vous êtes nommé dans le public, on vous accuse d’être recasé. Quoi que vous fassiez, on vous le reproche", s'agace un ancien élu. Il s'interroge: "Qui, après ça, va vouloir devenir député?".

Une boucle Télégram

Heureusement, ils peuvent compter les uns sur les autres. Ils sont restés en contact et échangent au sein d'une boucle Télégram nommée auparavant "les virés pas déprimés" puis "plus députés mais toujours engagés".

Ils sont environ 150 dessus, entre anciens députés et anciens conseillers. Ils discutent de leur situation mais aussi de politique.

Ils n'ont d'ailleurs pas oublié deux promesses du président de la République Emmanuel Macron. Il a d'abord promis de les aider et a chargé l'un de ses conseillers de le faire. Aussi, quand il les a tous reçus à la fin du mois d'août, il leur a dit "tenez-vous prêts", au cas où il faudrait repartir en campagne. Mais l’un d’eux préfère ne pas s’emballer: "Se préparer oui, mais sans trop compter dessus".

AB avec Sébastien Krebs