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Démission de Michèle Rubirola: sur RMC, le président du groupe RN dénonce "une escroquerie politique" et appelle à un nouveau vote

L'opposition appelle de son côté à de nouvelles élections après la démission de Michèle Rubirola de la mairie de Marseille. Stéphane Ravier, le président du groupe RN à la municipalité dénonce la manœuvre de la gauche et estime que les Marseillais ont été "floués".

Michèle Rubirola n'est plus la maire de Marseille ce matin. La tête de liste de la coalition de gauche, le Printemps Marseillais, élue au début de l'été, a remis sa démission mardi, notamment pour des raisons "de santé". Six mois après avoir ramené la mairie de Marseille à la gauche, après 25 ans de mandature de Jean-Claude Gaudin, la nouvelle maire jette donc l'éponge.

Se pose désormais la question de sa succession, qui pourrait être décidée dès lundi lors du conseil municipal. Lors d'une conférence de presse Michèle Rubirola a précisé qu'elle souhaitait que Benoît Payan, son premier adjoint, pur produit du PS et à l'origine du printemps marseillais, devienne maire et qu'elle prenne sa place.

L'opposition appelle de son côté à de nouvelles élections: "C'est une escroquerie politique", déplore ce mercredi sur RMC Stéphane Ravier, président du groupe RN au conseil municipal de Marseille, arrivé en troisième position lors des municipales. Car l'idée d'une succession de Benoît Payan à la tête de la ville ne plaît pas à droite: "Pendant toute la campagne, ces gens du printemps marseillais ont mis en avant madame Rubirola prétextant qu'il s'agissait de l'incarnation d'un renouveau politique et que l'on tournait le dos aux vieilles méthodes du passé. Et cinq mois après, exit Madame Rubirola, ce n'est plus une écologiste qui dirigerait la ville mais un vieux baron socialiste, même s'il est jeune".

"Les Marseillais n'ont pas voté pour que cela soit monsieur Payan le maire de Marseille"

"Cela semble assez peu démocratique comme démarche. Les Marseillais n'ont pas voté pour que cela soit monsieur Payan le maire de Marseille. Mon petit doigt me dit qu'il y a d'autres candidats à gauche. Les Marseillais ont été floués, on les a trompés et il y a une véritable crise politique, en plus de la crise économique, sociale et sanitaire dans la ville. Pour s'en sortir, les Marseillais doivent retourner aux urnes. Ainsi la situation sera claire et sera acceptée par les Marseillais", plaide-t-il.

De quoi tirer son épingle du jeu? Pas si sûr, car Stéphane Ravier, arrivé troisième au premier tour, a même perdu sa mairie de secteur lors du vote au sein de la cité phocéenne. Une défaite assez facile à expliquer selon lui: "Madame Rubirola est la vainqueure de l'abstention. Notre électorat s'est peu déplacé en raison de la crise sanitaire. Je suis certain que la mobilisation serait beaucoup plus forte aujourd'hui et représenterait la vraie image de Marseille", plaide-t-il.

Un doux rêve alors que l'organisation d'une nouvelle élection n'est pas du tout à l'ordre du jour. Le conseil municipal devrait voter pour le nouveau maire de Marseille lundi. En attendant, comme au mois de juillet, c'est Samia Ghali et son groupe qui vont être décisifs. Les négociations entre l'ancienne PS et l'actuel leader socialiste à Marseille Benoit Payan ont d'ores et déjà commencé.

Guillaume Dussourt