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Des députés Nupes veulent s'attaquer aux influenceurs, le gouvernement également sur le coup

Haro sur les influenceurs: plusieurs parlementaires comptent s'attaquer aux publicités sur les réseaux sociaux. Le ministère de l'Economie regarde également la situation de près.

Entre deux publications sur Instagram, Snapchat ou TikTok, vous avez peut-être déjà vu passer ces publications vantant les mérites d'une crème, d'un vêtement, ou encore qui vous promettent de devenir trader en deux semaines.

Quatre députés de la Nupes (un écologiste, un socialiste, et deux insoumis) planchent sur une proposition de loi pour encadrer les pratiques des influenceurs. Parmi eux, le socialiste Arthur Delaporte, qui avait fait sensation à la tribune de l'Assemblée il y a quelques semaines. Une vidéo tweetée par Booba, le rappeur ayant mis la lumière sur les influenceurs cet été, ou plutôt les "influ-voleurs" comme il les appelle.

Une proposition de loi déposée avant la fin de l'année?

Les dérives sont nombreuses: arnaques, produits jamais livrés, voire dangereux pour la santé, pub pour de la chirurgie esthétique... Les députés racontent avoir découvert un autre monde. Aurélien Taché, l'un des députés en pointe sur le sujet, compare la situation à celle de sites de paris en ligne il y a quelques années. "Les jeunes de quartiers populaires sont les premiers visés et les premiers arnaqués", pointe-t-il.

Le texte préparé par les députés de gauche vise à mieux encadrer les placements de produits, les liens sponsorisés, ou encore le drop shipping, c'est à dire les reventes de produits, souvent beaucoup plus cher que ce que cela vaut en réalité. Autre piste: rendre bien plus visible la mention "publicité". Aujourd'hui, ça peut-être un hashtag minuscule ou une note en fin de vidéo.

Le texte doit être déposé de façon "imminente", peut-être avant la fin de l'année, et pourrait être débattu lors de la niche parlementaire socialiste prévue dès le mois de janvier.

Le gouvernement garde lui aussi un oeil attentif sur le sujet

Depuis quelques semaines, le ministère de l'Economie réfléchit lui aussi à trouver un meilleur encadrement pour les influenceurs. Bruno Le Maire lui-même dit en faire une "priorité absolue" de son ministère.

Le député écologiste Aurélien Taché a d'ailleurs rendez-vous vendredi avec Olivia Grégoire, la ministre en charge du Commerce. Un conseiller ministériel confirme à RMC des consultations avec "tous les parlementaires investis sur le sujet".

Il faut dire que les questions sont nombreuses: comment faire appliquer la loi à des influenceurs qui postent depuis l'étranger, et même comment définir qui est influenceur ou non? Les députés de gauche veulent par exemple proposer un seuil d'abonnés pour créer un cadre.

"J'espère qu'on trouvera un accord, c'est un sujet qui doit faire consensus" abonde Aurélien Taché. Voilà une thématique qui pourrait réconcilier, même le temps d'une story, la Nupes et la majorité.

Romain Cluzel (édité par J.A.)