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Enquête interne ouverte contre Taha Bouhafs: La France insoumise dans l'embarras

Les pontes de La France insoumise étaient-ils au courant de l'enquête interne visant Taha Bouhafs quand ils l'ont assuré de son soutien? Si plusieurs sources assurent que non à RMC, des communistes et des socialistes, membres de l'alliance de la gauche en doutent.

C'est l'embarras ce jeudi matin au sein de La France insoumise après l'annonce de l'ouverture d'une enquête interne contre l’ex-candidat aux élections législatives dans le Rhône Taha Bouhafs, visé par des investigations pour violences sexuelles. Le journaliste avait évoqué une campagne de calomnies pour justifier son retrait des législatives il y a quelques jours.

Désormais, la question est de savoir si les leaders de La France insoumise étaient au courant. Car l'affaire dérange alors que de nombreux leaders de gauche avaient apporté leur soutien à Taha Bouhafs avant la révélation mercredi des accusations d'agressions sexuelles.

Et ce qui ressort notamment, c'est un tweet de soutien mardi de Jean-Luc Mélenchon. Il jure qu'il n'était pas au courant des faits reprochés quand il écrit ce message. Pourtant les premiers témoignages remontent dès samedi à La France insoumise.

"Il fallait que le moins de monde soit au courant"

Les équipes du leader de La France insoumise assurent à RMC que l'"on ne l'emmerde pas avec ce genre de trucs" et poursuivent: "Les victimes ne voulaient pas que ça se sache donc on a respecté. Il fallait que le moins de monde soit au courant".

De la discrétion oui, mais de là à ce que le Jean-Luc Mélenchon ne soit pas informé, les autres membres de la NUPES en doutent: "Je suis sûr qu'il savait", confie un proche du communiste Fabien Roussel, tout comme un socialiste qui déplore des investitures de candidats trop sulfureux par LFI et qui s'inquiète de voir l'accord de la NUPES abîmé par cette affaire.

Des faits qui pourraient être caractérisés de viol

La cellule de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise, avait reçu samedi dernier un témoignage accusant Taha Bouhafs de violences psychologiques, suivies de faits, qui pourraient être caractérisés de viol.

Elle avait dans la foulée convoqué le journaliste l'avertissant alors que son investiture pour les élections législatives était en suspens, au regard de la gravité des accusations. Quelques heures, plus tard, Taha Bouhafs avait retiré de lui-même sa candidature, se disant harcelé, insulté et menacé de mort.

Cyprien Pézeril (avec G.D.)