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Manuel Bompard, le secret et discret artisan de l'accord historique à gauche

Il était pendant la campagne présidentielle le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Eurodéputé insoumis, à la fois secret et discret, Manuel Bompard est la cheville ouvrière de l'historique accord à gauche.

Il n'est pas facile de dresser le portrait de Manuel Bompard: eurodéputé insoumis, à la fois secret et discret, à tel point que ceux qui l’ont croisé disent tout et son contraire de lui. "Intelligent" mais "raide", pour certains, "sympa" mais "sectaire", pour d'autres. On même entendu sur lui cette phrase: "un gentil à qui on aurait filé le rôle du méchant".

Déjà à l’école, ses profs disaient de lui qu'il était un "rebelle, dissipé mais tellement brillant". Au baccalauréat, il a eu 20/20 en mathématiques et 19/20 en physique-chimie.

Manuel Bompard est né, il y a 36 ans, à Firminy dans la Loire. Il a grandi dans la Drôme puis à Toulouse. Père informaticien et mère fonctionnaire. Il est lui-même ingénieur et docteur en mathématiques appliquées à l’aéronautique.

"Le cerveau des Insoumis"

Il adhère au Parti de gauche en 2009 dont il devient secrétaire national à seulement 24 ans. En 2012, il intègre l’équipe de Mélenchon pour la présidentielle. Dès lors, ils ne se quitteront plus. Au point que, quand il venait de Toulouse à Paris, il dormait carrément au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Ça crée des liens.

Aujourd’hui, on peut dire que c’est l’homme de confiance de Mélenchon et le grand artisan de cet accord à gauche pour les législatives. Il est même le cerveau des Insoumis. Mélenchon dit de lui qu’il est tout simplement le meilleur.

Ne vous fiez pas à ses tenues jeans-baskets. "Manu", comme tout le monde l’appelle chez les Insoumis, est un soldat. Un moine-soldat, même. C’est l’homme qui rassure Mélenchon, qui le ramène sur terre quand il se laisse emporter par son tempérament, qui lui amène des solutions quand il y a un problème.

L'homme des hologrammes

La stratégie, l’organisation, les circonscriptions, c’est lui. Les hologrammes, les meetings immersifs avec caméra à 360°, c’est encore lui. Pour cette négociation avec les partis de gauche, Mélenchon lui a carrément donné les clés. Mélenchon l’a pensé, Bompard l’a fait: l’union qu’on disait impossible et qui scelle le leadership de Mélenchon sur toute la gauche.

Pourquoi ça marche aussi bien entre eux ? Parce que sur le fond, ils sont d’accord sur tout et quand ce n’est pas le cas, "Manu" a compris la règle : "c’est Jean-Luc qui a le dernier mot". C’est simple, non ?

Laurent Neumann