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Ils fêtent leurs 18 ans entre les deux tours: "ne pas pouvoir exprimer son point de vue c’est frustrant"

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Alors que les Français choisissent dimanche qui de Marine Le Pen ou Emmanuel Macron sera le prochain président de la République, certains n’auront pas cette chance. Ceux qui fêtent leur 18e anniversaire entre le premier et le deuxième tour ne peuvent pas voter. Une injustice, selon ces jeunes, qui racontent leur histoire à RMC.fr.

Ils sont majeurs. Ils s’intéressent à la politique. Ils comptaient bien se rendre aux urnes. Mais ne pourront pas exprimer leur choix dimanche dans la bataille qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, parce que leur date de naissance tombe entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Paul, 18 ans, lycéen à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron): "On devrait pouvoir voter l’année de ses 18 ans"

"C’est un peu injuste. On a l’âge de voter techniquement mais on ne peut pas exprimer sa pensée à travers son vote. A la fin de l’année dernière, je m’étais renseigné, je pensais que c’était complètement possible. Quand on apprend qu’on ne pourra pas, on est déçu. On s’intéresse à la campagne et ne pas pouvoir exprimer son point de vue, c’est frustrant. Quand on a 18 ans, on est inscrit automatiquement sur les listes électorales. Sauf que pour pouvoir voter au second tour, il faut être inscrit avant le premier… Ce serait bien que la loi change. Je pense qu’on devrait pouvoir voter l’année de ses 18 ans. Il y a quand même des jeunes qui s’intéressent à la politique. C’est un barrage à l’intérêt des jeunes. Je ne pense pas que je sois très différent de quelqu’un né au mois de février".

Thibault, 18 ans, lycéen à Saint-Maur-des-Fossés (Val de Marne): "A la mairie, on m’a dit que j’avais une chance, je croise les doigts"

"Quand j’ai su que je ne pouvais pas voter au second tour parce que ma date de naissance est entre les deux tours, j’ai été très déçu. Cette campagne elle est quand même passionnante, avec l’engouement autour de l’affaire Fillon. C’est vachement frustrant, quand on parle politique avec des potes qui, eux, peuvent voter alors qu’on a qu’une semaine d’écart. Je me console en me disant que je pourrai aller voter pour les législatives en juin. Et puis j’ai un petit espoir. Je suis allé à la mairie pour en avoir le cœur net. On m’a dit qu’en ayant fait ma journée d’appel, je suis automatiquement inscrit sur les listes électorales. Et qu’on me laisserait peut-être voter avec ma carte d’identité. Il y a une petite chance, alors je croise les doigts. Et si je ne peux pas, j’irai dépouiller, c’est aussi un moyen de participer".

Selon l’article 3 de la Constitution de 1958, seules les personnes de plus de 18 ans ont le droit de vote. Mais pas celles nées entre le 23 avril 1999 et le 7 mai 1999, en vertu du code électoral, qui impose aux électeurs d’avoir été inscrit sur les listes au premier tour pour pouvoir l’être quinze jours plus tard.

Antoine Maes