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"Ils ont un choix assez simple": le message de Castaner aux électeurs de Mélenchon

Si Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel ont appelé à voter au second tour pour Emmanuel Macron en vue de faire barrage à l'extrême droite, Jean-Luc Mélenchon demande simplement à ne "pas donner une voix à Marine Le Pen". A quelle échelle les électeurs du candidat insoumis se reporteront-ils sur le président sortant?

Le camp Macron va-t-il s'ouvrir à la gauche en vue du second tour de l'élection présidentielle ? Le président sortant est arrivé en tête du premier tour dimanche avec 27.6 % des voix. Marine Le Pen arrive en deuxième position au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon: 23.4% contre 21.95%.

Vers qui vont se tourner les 7.6 millions d'électeurs du candidat de La France insoumise? C'est un des grands enjeux de l'entre-deux-tours. Bernard Sananès de l'institut de sondages Elabe assure ce lundi sur RMC que ces électeurs sont à peu près divisés en trois tiers: un se tournera vers Emmanuel Macron, un autre vers Marine Le Pen, et un autre s'abstiendra.

Le camp Macron va-t-il tout faire pour séduire la gauche alors que Marine Le Pen n'a jamais été aussi proche d'accéder au pouvoir, créditée de 48% d'intentions de vote au second tour?

Castaner: "On peut faire du populisme et dire tout ce que les mélenchonistes ont envie d'entendre, mais on laisse ça à Marine Le Pen"

Rien n'est certain, à entendre Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, invité de RMC ce lundi matin. Une des propositions très contestées du candidat Emmanuel Macron est l'allongement de la retraite à 65 ans. Sera-t-elle retirée du programme pour attirer des électeurs de gauche? Christophe Castaner assure que non, de façon pas totalement ferme, sur RMC.

"C'est un engagement que nous prenons dans notre programme, et elle (cette réforme) ne sera pas faite immédiatement. On entend la France qui demande de la crédibilité. On peut faire du populisme et dire tout ce que les mélenchonistes ont envie d'entendre, ou les électeurs de Valérie Pécresse et d'Anne Hidalgo, mais je laisse ça à madame Le Pen. La réalité, le sérieux, c'est quelque chose sur lequel nous sommes attendus".

Christophe Castaner estime tout de même qu'il faut "parler aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon" et salue son choix d'appeler clairement à ne pas donner une voix à Marine Le Pen.

"Il a fait un choix clair: celui de rappeler quatre fois qu'il ne fallait pas une voix pour Marine Le Pen. Je crois que son expression a été plus claire encore qu'elle n'a été il y a un cinq ans. Il ne faut pas chercher à conquérir un mot de plus de Jean-Luc Mélenchon, mais parler à son électorat. (...) Je leur dis qu'ils ont un choix assez simple. Je les respecte et sait que pour beaucoup ils n'ont pas la volonté de lui donner un blanc-seing. Mais sur l'environnement par exemple le choix est simple, il faut aller plus loin en fixant de nouveaux objectifs."

Reste à voir de quelle façon exacte le camp du président tentera de calmer la colère de la gauche vis-à-vis d'Emmanuel Macron et de sa politique depuis cinq ans.

J.A.