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Irrégularités, accusation de tricheries... le PS se déchire lors de l'élection du premier secrétaire

Le Parti socialiste se déchire sur fond d'élection de son premier secrétaire. Les deux candidats, Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol, revendiquent la victoire et accusent l'autre candidat de tricherie. Le maire de Rouen menace même de saisir la justice.

Depuis jeudi soir, au Parti socialiste, c'est la guerre des tranchées. Pour mettre le feu aux poudres, rien de mieux qu'une élection du premier secrétaire, comme le PS sait nous en offrir. Les 40.000 militants étaient appelés aux urnes. Sauf que les deux candidats revendiquent la victoire: Olivier Faure, le patron sortant, et Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen.

Le résultat officiel, donné par la direction du parti, annonce la victoire du sortant, Olivier Faure, avec 50,83% des voix et un écart de seulement 393 suffrages entre les deux candidats. Mais chaque camp accuse l'autre de tricherie. Un semblant de déjà vu, quinze ans après le psychodrame Aubry/Royal au Congrès de Reims, qui avait vu le départ de Jean-Luc Mélenchon du parti.

Une boîte à chausses comme urne

En cause, des dizaines et des dizaines d'irrégularités dans le vote. Là, une boite à chaussures mal sellée en guise d'urne, ailleurs un nombre de votants plus grand que le nombre d'inscrits, ou encore cette section où des militants exclus ont quand pu voter.

"Quand nous regardons l'ensemble des chiffres et contentieux, nous sommes en tête de façon claire", a dit Mayer Rossignol vendredi matin, aux côtés de ses soutiens, les maires de Paris Anne Hidalgo et de Montpellier Michaël Delafosse.

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Une réunion de conciliation

Face à toutes ces fraudes, comment le scrutin peut-il encore avoir une valeur? "Le gagnant sera celui qui aura le mieux triché" dézingue un jeune élu qui craint de voir son parti ressortir encore plus malade qu'il ne l'était avant.

Ce samedi, une réunion de conciliation entre les deux équipes doit se tenir en début d'après-midi. Elle va tenter de mettre d'accord tout le monde après ces 24 heures de guerre ouverte. À moins que chaque camp reste sur sa position. Nicolas Mayer Rossignol, menace déjà de saisir la justice administrative s'il n'est pas reconnu vainqueur.

Cyprien Pézeril et Maxime Martinez