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La classe politique condamne un incident raciste à l'Assemblée, le RN nie

De la gauche à la droite, de nombreux politiques ont condamné l'incident raciste qui s'est déroulé ce jeudi à l'Assemblée nationale. De son côté, le groupe RN nie que son député ait visé l'élu LFI.

La classe politique a largement condamné l'incident raciste qui s'est déroulé ce jeudi à l'Assemblée nationale. Lors d'une intervention du député Carlos Martens Bilongo sur le "drame de l'immigration clandestine", un député RN, Grégoire de Fournas selon plusieurs témoins, aurait lancé dans l'hémicycle "retourne en Afrique". La séance a été immédiatement suspendue et plusieurs politiques ont immédiatement réagi, salle des Quatre colonnes ou sur les réseaux sociaux.

En sortie de l'hémicycle, la Première ministre Elisabeth Borne a déclaré que "le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie" tout en indiquant que "naturellement", le bureau de l'Assemblée nationale "devra prendre des sanctions". Pour l'ancien ministre Christophe Castaner, il s'agit "de propos puisés dans la fange raciste d'un parti qui n'aime ni la France, ni ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité."

"Quand un député du RN plonge l'Assemblée nationale dans la honte" a estimé Christophe Castaner.

Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, a dénoncé des 'références hideuses" et des "habitudes ignobles qui restent" "du FN au RN". La vice-présidence du groupe Renaissance a d'ailleurs annoncé que "faute d'une sanction lourde contre le député RN", le groupe Renaissance "ne siègera pas" à l'Assemblée. Le groupe démocrate (Modem) "condamne avec les plus grande fermeté les propos racistes proférés par un député RN" dans un communiqué. Ils demandent une "sanction exemplaire".

"Une manipluation pas très classe" pour le RN

De son côté le groupe RN a tenu à défendre le député Grégoire de Fournas, niant qu'il ait visé l'élu LFI. "Grégoire de Fournas a déclaré 'qu'ils retournent en Afrique' en parlant du bateau transportant les migrants en Europe, en aucun cas en parlant du député", selon le groupe d'extrême droite.

"C'est plutôt une manipulation pas très classe de LFI", estime Sébastien Chenu, vice-président RN de l'Assemblée.

"Le vrai visage de l'extrême-droite"

Sur les bancs de la NUPES, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "la honte": " De tels propos à l'Assemblée nationale française sont au-delà de l’intolérable. La déchéance et l'exclusion de l'injurieur doivent être décidées !"

Quelques minutes avant, Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI, estime qu'"aujourd'hui l'extrême droite a montré son vrai visage". "Nous allons demander la sanction la plus forte, l'expulsion pour plusieurs mois" de ce député, a-t-elle indiqué. Le bureau de l’Assemblée nationale se réunira dès demain à 14h30 pour décider de sanctions contre le député RN qui a tenu des propos racistes lors des QAG.

"L'extrême-droite reste ce qu'elle a toujours été, raciste et nauséabonde. Une sanction à la hauteur doit être immédiatement prononcée", avait tweeté précédemment le compte du groupe parlementaire LFI.

Sur Twitter, Clémentine Autain a estimé qu'un "tel racisme ne devrait jamais avoir sa place dans notre enceinte républicaine." Le député LFI Louis Boyard a demandé, sur le même réseau social, " Qui peut encore nier la montée du fascisme en France ?" Il a demandé à Emmanuel Macron d'"ouvrir les yeux et de cesser de creuser le lit de l'extrême droite".

"Un crachat sur les trois couleurs de notre République"

L'écologiste Eva Sas estime de son côté ne pas voir "comment cette personne qui a tenu des propos racistes peut revenir siéger." Sa collègue Sandrine Rousseau a tweeté "ça sent le Brun du côté de l’Assemblée nationale", estimant sur BFMTV qu'il s'agissait d'un "crachat sur les trois couleurs de notre République". "C'est un délit: si on laisse passer ça, c'est la porte ouverte à tout."

"Ce qui me choque, c'est que le groupe RN a refusé de sortir le député pour reprendre la séance. Il était hors de question qu'on continue la séance avec lui" déclare l'ancienne candidate à la primaire écologiste.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC