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"Réformer l'impôt": Clémentine Autain détaille les propositions de LFI pour le pouvoir d'achat

Pour l'opposition à gauche, le plan du gouvernement sur le pouvoir d'achat ne suffit pas. La France insoumise milite pour taxer les profiteurs de la crise et plaide toujours pour un Smic à 1.500 euros. Mais n'exclut plus de voter certaines lois émanant de la majorité.

Le gouvernement a détaillé jeudi son projet de loi pour redonner du pouvoir d'achat aux Français. Au menu, un paquet de mesures avec notamment le dégel du point d'indice des fonctionnaires mais surtout, une nouvelle aide sur le carburant: jusqu'à 300 euros de carburant pour ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler, une aide ciblée pour les gros rouleurs.

Mais dans l'opposition, on ne se satisfait pas de ces mesures: "Ce n’est pas la méthode que nous préconisons", déplore ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules" Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis, qui plaide pour taxer "les profiteurs", dans un projet de loi déposée par la Nupes à l'Assemblée nationale.

Un Smic à 1.500 euros et une taxation des "profiteurs de la crise"

"Le gouvernement refuse de faire payer les profiteurs de la crise. Sur la question de l’essence, Total a dégagé des bénéfices de 15 milliards d’euros avec des parties redistribuées en dividendes. On propose de taxer ces dividendes pour remettre dans le giron commun de l'argent pour faire face à cette hausse des prix. On propose aussi de bloquer les prix de première nécessité. Sur l’essence, on veut arrêter cette hausse des prix", assure l'élue.

Et si la France résiste mieux que tous ses voisins face à l'inflation, peut-être grâce au bouclier énergétique sur les prix de l'énergie comme le dit le gouvernement, Clémentine Autain estime que "le compte n'y est pas". "On pourrait faire tellement mieux en augmentant les salaires et le Smic, en le passant à 1.500 euros nets", plaide-t-elle.

La taxe sur les supersprofiteurs permettrait alors de financer cette hausse du Smic. "Nous, on est capables de générer des recettes, ce qui n'est pas le cas du gouvernement. Quand on taxe les entreprises qui font des gros profits, ça rapporterait 5 milliards, juste avec Total. Mais on va aussi prendre dans la poche des sociétés d’autoroute et de la grande distribution", ajoute la députée, alors que selon nos informations, Emmanuel Macron serait favorable à une telle taxe sur les superprofits.

"Aucune politique de relance de l'activité"

Mais La France insoumise veut également réformer l'impôt: "On propose une réforme de l'impôt. Elisabeth Borne dit qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts mais la CRDS provisoire (Contribution pour le remboursement de la dette sociale, en place depuis 1996, ndlr), est maintenue jusqu’en 2033. Il y a une hausse des impôts déguisée. La redevance est supprimée, mais comment allons-nous payer un audiovisuel public?", interroge Clémentine Autain.

"Le gouvernement veut ramener le déficit à 3% en 2027 soit 80 milliards d’euros: où le gouvernement va-t-il trouver l’argent ? L’horizon donné est un horizon de réduction des dépenses publiques mais on ne sait pas aller chercher les recettes. Il n'y aucune politique de relance de l'activité, nous nous proposons un plan de relance de l'activité notamment sur le secteur de la transition écologique, générateur potentiellement de travail", assure Clémentine Autain.

Et à l'instar du Rassemblement national, l'élue n'exclut pas de voter certaines lois émanant de la majorité: "Nous allons regarder mesure par mesure, on peut voter article par article. Il peut y avoir des articles qu’on vote. On va décider collectivement. On aurait bien aimé que le gouvernement s’inspire de notre projet. Mais c’est vision contre vision", conclut Clémentine Autain.

Guillaume Dussourt