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"La France est un pays à droite, pas à gauche": Pascal Perrineau voit "une vengeance dans les urnes"

Pour le politologue Pascal Perrineau, invité d’"Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, les élections législatives ont rappelé que "le curseur est à droite" en France.

Que retenir des législatives ? La Nupes qui envoie 131 députés à l’Assemblée nationale, mais qui se présentera en plusieurs groupes et dont le leader Jean-Luc Mélenchon reconnait un résultat "décevant" ? La majorité Ensemble qui termine loin de la majorité absolue avec 245 représentants ? Ou la persistance des LR (61 députés) et la percée historique du RN (89 députés) ? Pour le politologue Pascal Perrineau, "il ne faut pas se tromper, la France est un pays à droite, pas à gauche".

"Il y a eu presque une vengeance dans les urnes des Français, d’une certaine manière, explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ ce mardi sur RMC et RMC Story. On a eu l’impression dans cette campagne des législatives que c’était un duel Macron-Mélenchon. On ne parlait que de ça, mais ça devait faire bizarre pour les électeurs de droite, du centre-droite ou du RN. Et d’une certaine manière, ils ont rappelé où était le curseur. Le curseur, il est à droite."

"Personne n’est exclu" à l’Assemblée désormais

Pour le Professeur émérite des universités à Science Po, cette Assemblée nationale va désormais mieux représenter les opinions des Français. "On a presque le résultat de la proportionnelle avec un scrutin majoritaire à deux tours. On ne peut que s’en réjouir. Jusqu’à maintenant, les Français qui votaient RN, LFI, écolo, se sentaient vraiment exclus du système politique. Là, personne n’est exclu, tout le monde pèse à peu près son poids dans le pays."

"Il y a quatre pôles: la Nupes et la gauche radicale, la radicalité de droite avec le RN, le pôle majoritaire de l’extrême centre comme le dit parfois le président et un pôle un peu plus petit, ce qui reste de la droite classique qui n’est pas complètement morte, ajoute Pascal Perrineau. J’ai regardé les résultats en détails. Quand les LR affrontaient le RN, je suis surpris par le fait que, très souvent, ils ont réussi à l’emporter et assez largement. Alors que quand le RN était opposé à la Nupes ou à Ensemble, c’était souvent le RN qui gagnait, parfois d’un cheveu."

LP