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Le gouvernement acte la déconjugalisation de l'allocation adultes handicapés

Elisabeth Borne a annoncé lors de son discours de politique générale la modification du calcul de l'allocation adultes handicapés sur le principe de la déconjugalisation.

Le gouvernement va réformer l'allocation adultes handicapés afin de la calculer de façon individuelle, c'est-à-dire sans tenir compte des revenus du conjoint, comme le réclament les associations, a indiqué mercredi la Première ministre Elisabeth Borne.

"Mon gouvernement réformera, avec vous, avec les associations, l'Allocation adultes handicapés (AAH). Nous partirons du principe de la déconjugalisation", a-t-elle précisé", a-t-elle promis lors de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.

La Première ministre, qui a annoncé l'organisation d'une "conférence nationale du handicap" début 2023, a assuré que le gouvernement agirait en faveur de "l'autonomie des personnes handicapées" et de la "transformation des structures médico-sociales".

Un serpent de mer depuis cinq ans

Emmanuel Macron avait promis en avril de "bouger" sur l'individualisation de l'allocation adulte handicapés. Toutefois, son gouvernement et sa majorité avaient rejeté cette proposition plusieurs fois l'an dernier, au grand dam des associations. LREM jugeait cette mesure inéquitable car bénéficiant sans distinction aux modestes comme aux fortunés.

Créée en 1975, l'AAH est destinée à compenser l'incapacité de travailler. D'un montant maximal de 904 euros mensuels, elle est versée sur critères médicaux et sociaux. Elle compte aujourd'hui plus de 1,2 million de bénéficiaires, dont 270.000 en couple, pour une dépense annuelle d'environ 11 milliards d'euros.

L'appel des associations à "une réforme historique"

L'an dernier, 22 organisations et associations, dont APF France Handicap, avaient appelé Emmanuel Macron à "une réforme historique", pour "considérer cette allocation avant tout comme un revenu individuel d'existence".

Dans un communiqué mercredi, le collectif Handicaps, qui regroupe 52 associations, "prend acte" des annonces de la Première ministre, notamment "la reconnaissance des professionnels de l'accompagnement" et "la tenue d'une conférence nationale du handicap en début d'année prochaine".

S'il "peut se réjouir de la volonté de déconjugaliser l'AAH, il sera néanmoins très vigilant à ce qu'il n'y ait aucun perdant après la réforme annoncée". Quant à l'accessibilité universelle pour les personnes à mobilité réduite, également évoquée par Mme Borne, elle est "attendue depuis plus de 50 ans", rappelle le collectif.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez avec AFP Journaliste RMC