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Législatives: ces candidats en délicatesse avec la justice investis quand même par les partis

L'hémicycle de l'Assemblée nationale française, le 5 janvier 2022

L'hémicycle de l'Assemblée nationale française, le 5 janvier 2022 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Plusieurs partis ont décidé d'investir ou réinvestir des candidats aux législatives pourtant en délicatesse avec la justice. Certains se présentent pour un siège à l'Assemblée nationale malgré une condamnation pour violences conjugales ou pour incitation à la haine raciale. En voici une liste non-exhaustive.

La France insoumise a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête interne après des accusations de violences sexuelles à l'encontre de Taha Bouhafs, un temps investi candidat aux élections législatives dans le Rhône. "En raison de la gravité des faits supposés et conformément aux textes définissant les principes du mouvement, LFI pouvait être amenée à ne pas l'investir", a assuré dans un communiqué le Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles du parti.

Déjà condamné pour injure publique en raison de l’origine (il a fait appel), le journaliste candidat à Vénissieux, dans la 14e circonscription du Rhône s’est retiré de la course le 10 mai, "avant même la fin de notre procédure interne ", poursuit le Comité.

Mais pour d’autres partis, les condamnations ou les enquêtes en cours à l’encontre de candidats, ne sont pas des obstacles pour offrir une investiture.

Violences conjugales et harcèlement moral chez LREM

C’est le cas notamment dans les rangs de la majorité qui a décidé de reconduire plusieurs candidatures controversées.

D’abord avec celle de Jérôme Peyrat, transfuge des Républicains, désormais membre du cabinet politique d’Emmanuel Macron. Celui qui se présente dans la 4e circonscription de Dordogne, où il est déjà maire de la commune de La Roque-Gageac, a en effet été condamné en septembre 2020, à 3.000 euros d’amende avec sursis pour violences volontaires envers son ex-compagne, violences ayant occasionné 14 jours d’ITT.

Toujours au sein de la majorité, on peut aussi citer l’éminence grise d’Emmanuel Macron, Thierry Solère. Député sortant des Hauts-de-Seine, cet autre ancien des LR est au cœur de plusieurs affaires judiciaires. Il est accusé pêle-mêle "d’emploi fictif", de "détournement de fonds publics", de "trafic d’influence passif" et de "fraude fiscale".

La député sortante Laetitia Avia, fait elle face à des accusations de harcèlement, sexisme, de racisme et d’homophobie. L’élue de la 8e circonscription de Paris est visée depuis 2020 par une enquête du parquet de Paris pour harcèlement moral, après les témoignages de nombreux de ses collaborateurs à l’Assemblée nationale, révélés par Mediapart.

Sa collègue Sira Sylla, députée de Seine-Maritime, a elle été condamnée par le conseil des prud’hommes de Paris pour harcèlement moral, heures supplémentaires non payées et d’un licenciement. Elle est également mise en cause dans une autre affaire pour les mêmes faits.

Des condamnations pour incitation à la haine chez Reconquête!

À l'extrême-droite chez Reconquête!, deux personnalités pourtant condamnées pour incitation à la haine ont été investies en vue des législatives. Eric Zemmour, candidat malheureux à la présidentielle, président du parti et condamné plusieurs fois pour incitation à la haine, a annoncé ce jeudi 12 mai sa candidature dans le Var, à Saint-Tropez.

Dans les Bouches-du-Rhône, c'est Jérémie Piano, un ancien du groupuscule Génération identitaire dissous par le ministère de l'Intérieur, qui a été investi dans la 11e circonscription. Le candidat a été condamné pour provocation et incitation à la haine raciale comme le rappelle MarsActu, et doit comparaître devant la justice en septembre prochain pour avoir envahi les locaux de l'ONG SOS Méditerranée, une association qui vient en aide aux migrants.

Marine Le Pen poursuivie par l'UE

Arrivée en deuxième position au premier tour et défaite une seconde fois face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen a annoncé sa nouvelle candidature dans son fief d'Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, dont elle est déjà l'élue. Et la chef de file du Rassemblement national est au cœur de plusieurs affaires: condamnée pour diffamation en 2011, elle est mise en examen dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

Selon un rapport de l'Office européen de lutte antifraude transmis au parquet de Paris en mars dernier, Marine Le Pen est également accusée d'avoir détourné près de 137.000 euros qui auraient été détournés "à des fins personnelles", quand elle siégeait au Parlement européen entre 2004 et 2017.

G.D.