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Les rivalités internes compliquent le début de campagne de Valérie Pécresse

Dans l'équipe de Valérie Pécresse, certains pensent déjà aux ministères plutôt qu'à la campagne. D'autres déplorent certaines paroles maladroites de la candidates, que "même Nadine Morano", n'aurait pas.

La campagne de Valérie Pécresse connaît une organisation poussive. Tout avait pourtant si bien commencé: "Je suis évidemment entourée de mes 4 mousquetaires, Eric Ciotti, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Philippe Juvin", se félicitait Valérie Pécresse le 4 janvier dernier. Mais la photo de famille jaunit déjà: "C'est bien qu'on soit tous dessus, mais il manque quelque chose", râle un ténor de la droite.

Ce qui agace en interne, c'est l'omniprésence de Patrick Stefanini, le directeur de la campagne de Valérie Pécresse. "Il est en fait trop", s'emporte un membre de la direction des Républicains, qui raconte à RMC que les appétits s'aiguisent à droite: Patrick Stefanini serait même en compétition avec Éric Ciotti, le finaliste du congrès LR, désormais conseiller autorité de la candidate, pour atterrir à Beauvau, au ministère de l'Intérieur ou même truster le poste de Premier ministre, en cas de victoire de Valérie Pécresse...

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"La campagne n'a pas vraiment démarré"

Mais ce n'est pas tout : certaines sorties de Valérie Pécresse crispent aussi dans ses propres rangs. Exemple en Grèce, il y a 10 jours où La candidate avait dénoncé "l'Europe passoire" et vanté les "murs de barbelés" face aux migrants: "Le Premier ministre grec nous a demandé d'appuyer sa demande de financement de murs barbelés qui permettent de réguler les flux et faire passer les migrants par des points de passage obligés".

"Il ne fallait pas parler de barbelés, c'est trop connoté", râle un cadre des Républicains, qui s'esclaffe "même Nadine Morano ne dit pas barbelés"... Un ami de Valérie Pécresse tente de calmer le jeu : "La campagne n'a pas vraiment démarré, il faut se garder des billes, on ne va pas tout donner maintenant".

Une communication numérique un peu passée?

Pourtant les autres billes ne font pas encore mouche, notamment la communication numérique jugée un peu "old school": "On nous hurle dessus parce qu'on ne tweete pas assez", raconte un habitué des fameuses réunions stratégiques.

Mais Valérie Pécresse a peut-être trouvé la solution: un podcast intitulé "Valérie Raconte Pécresse". Bientôt un épisode par semaine, le premier a été mis en ligne lundi : pendant 7 minutes 20, Valérie Pécresse y raconte ses vacances dans les camps des jeunesses communistes en URSS. Son entourage résume le concept: "On veut montrer qu'humainement, Valérie gagne à être connue!".

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Paul Barcelonne (avec G.D.)