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Macron drague les édiles en plein congrès des maires de France

Le journal du Off - Tous les jours, jusqu'au scrutin, RMC vous dévoile les coulisses de la campagne présidentielle.

En plein congrès des maires, Emmanuel Macron se lance dans une séance de calinothérapie avec les élus. On le sait, la relation d'Emmanuel Macron avec les élus locaux est plus qu'houleuse depuis 2017. Déconnexion, mépris, les critiques ne manquent pas.

Alors LREM ne lésine pas sur les moyens. Pas moins de 14 ministres se sont retrouvés hier soir au Carré Montparnasse, pour recevoir en grande pompe 600 élus et référents locaux Macron-compatible. Ce soir le chef de l'Etat lui-même organise une réception des édiles, à l'Elysée. 1000 maires sont attendus.

Mais l'exécutif le jure, il ne s'agit pas d'une opération réconciliation. "On a déjà de bonnes relations avec la plupart des élus. L'ambiance est apaisée, surtout depuis la crise sanitaire" affirme un membre du gouvernement. Selon lui, la mauvaise relation est surtout avec l'Association des Maires de France. Justement les maires votent pour choisir le futur président de cette association. Et l'exécutif suit de près cette bataille interne.

C'est assez rare pour le souligner, deux candidats se présentent pour succéder à François Baroin. Le maire de Cannes, David Lisnard, soutenu par François Baroin. Et le maire de Sceaux, Philippe Laurent, soutenu par la majorité, qui le fait savoir.

"David Lisnard est dans une posture d'opposition" tance un député, "la liste de Philippe Laurent est beaucoup plus ouverte".

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Malgré tout, une victoire de Philippe Laurent ne faciliterait pas forcément la vie de l'exécutif. "Il est loin d'être docile, il est hyper exigeant" juge un ministre. "La différence, c'est que quand il y a une possibilité d'aboutir, il y va". Résultats du vote attendus ce soir.

Anne Hidalgo candidate des maires?

Anne Hidalgo n'est pas en reste. La maire de Paris veut être la candidate des maires de France. Avant le président de la République, Anne Hidalgo a reçu ses pairs à l'Hôtel de Ville de Paris hier soir. La première des maires veut miser sur cette dimension d'élue locale dans sa campagne. Preuve en est, son équipe de France des maires, qui compose une bonne partie de son organigramme.

"Cela montre sa capacité à partir des réalités du terrain" affirme un de ses proches. "On a besoin de cette proximité entre les élus locaux et les citoyens" insiste un autre. Une manière aussi de se démarquer du chef de l'Etat. "Macron avait quand même commencé son quinquennat en disant qu'il fallait moins d'élus" tacle un des piliers de la campagne d'Hidalgo.

Chez Les Républicains, les adhésions se sont terminées depuis mardi soir minuit. Et c'est une info RMC, une barre symbolique a été dépassée. Au moins 140.000 personnes ont adhéré et pourront voter au Congrès. Le chiffre définitif est attendu dans la matinée. En tout cas, c'est plus que pour la primaire écolo. "Waouh." répond un brin moqueuse, une macroniste venue des rangs LR. C'est sûr, on est loin des 4 millions de votants de la primaire de 2016. Pour elle, "S'il y a si peu de votants, c'est que la droite a déjà son candidat". Je vous laisse deviner qui ? Macron évidemment.

Edouard Philippe aura-t-il une chambre dans la maison commune ?

La date du 28 novembre est avancée pour lancer cette alliance entre partis de la majorité. Ça tombe mal, c'est le jour de l'anniversaire d'Edouard Philippe, qui n'a semble-t-il pas été consulté.

Symbole pour ses proches du manque de dialogue entre LREM et Modem d'un côté et Horizons, le parti d'Edouard Philippe, de l'autre.

"C'est difficile de faire une maison commune sans ses futurs alliés" souffle un parlementaire philippiste.

Une réunion est prévue ce soir pour faire avancer les discussions. Doivent être présents des représentants de LREM, du Modem et d'Horizons. L'occasion, peut-être, de renouer le dialogue.

On termine avec Emmanuel Macron qui se rend dans les Hauts-de-France chez Xavier Bertrand. Le président de la République se rend vendredi dans le Nord, près de Maubeuge, pour annoncer des aides pour relancer l'activité dans la région.

Emmanuel Macron ira dans la foulée à Guise, tout près de Saint-Quentin, fief d'un certain Xavier Bertrand. "Au moins c’est clair, le Président considère Xavier Bertrand comme son principal opposant donc il va sur ses terres faire campagne…" siffle un proche du président des Hauts-de-France.

Emmanuel Macron devrait ensuite rester pour le week-end au Touquet, selon plusieurs médias. Et devinez qui sera en meeting le vendredi soir, au Touquet ? Valérie Pécresse, autre candidate du congrès de la droite. Décidément, le Président parasite la campagne des LR.

Romain Cluzel (avec Guillaume Descours)