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Macron vainqueur du second tour à Villers-Cotterêts, ville FN: "Marine Le Pen n'a pas su convaincre"

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REPORTAGE - Parmi les 11 municipalités gérées par le Front national, six ont donné leur préférence dimanche à Emmanuel Macron. Parmi elles, Villers-Cotterêts, dans l'Aisne. Paradoxalement, dans ce département, le Front national a réalisé son meilleur score du second tour. Marine Le Pen y est arrivé en tête dans 619 communes sur 804. Villers-Cotterêts fait donc figure d'exception.

Emmanuel Macron a été élu président de la République dimanche soir avec près de deux tiers des suffrages exprimés, contre 33,94% pour Marine Le Pen. Sur les 11 municipalités dirigées par un maire Front national, Marine Le Pen arrive en tête des suffrages dans cinq d’entre elles: Beaucaire (Gard), Cogolin (Var), Fréjus (Var), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et Le Luc (Var). Dans les autres, comme à Villers-Cotterêts (Aisne), ce n'est donc pas le cas. Paradoxal quand on observe qu'au second tour la candidate FN n'est arrivée en tête que dans deux départements, dont l'Aisne (l'autre étant le Pas-de-Calais).

"J'ai voté pour Emmanuel Macron essentiellement pour contrer Marine Le Pen", confie Timothée. Un barrage au FN donc, mais il ne s'agit pour autant pas d'un vote sanction contre Franck Briffaut, le maire frontiste assure-t-il: "Je n'accorde pas d'importance à l'étiquette politique au niveau d'une mairie. On vote plus pour un homme que pour un parti. Et, en plus, même si je ne suis pas du tout FN, je ne pense pas qu'il soit si mauvais que ça. Il a par exemple diminué la dette de la ville".

"On peut s'inquiéter pour l'avenir"

Les élus FN de la ville, eux, ne cachent pas leur déception. Mais ils estiment, comme Jean-Jacques Clin, conseiller municipal, qu'il ne s'agit pas de l'échec du maire mais bien celui de leur candidate, Marine Le Pen. "Il ne faut pas critiquer monsieur Briffaut. C'est un très bon maire". La raison de la défaite selon lui: "Le débat a été catastrophique. Marine Le Pen n'a pas su convaincre", avance-t-il.

En revanche, ce dimanche, dans l'opposition, on a poussé un ouf de soulagement. Même si celui-ci risque d'être de courte durée estime Jean-Claude Gervais: "Il y a quand même eu 400 voix en plus par rapport au score des municipales. On peut donc s'inquiéter pour l'avenir. Le Front national s'installe vraiment dans notre commune. Et peut-être pour longtemps…"

M.R avec Amélie Rosique