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"Une heure pour l'Elysée": ce qu'il faut retenir de l'interview de Marine Le Pen

Marine Le Pen était l'invitée d'Apolline de Malherbe dans "1 heure pour l'Elysée", ce vendredi sur BFMTV-RMC. La candidate du RN, adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, a défendu son programme.
  • Les appels à faire barrage à l'extrême droite

Marine Le Pen: "Ce sont ceux qui ont le plus bénéficié de la politique d’Emmanuel Macron. C’est tout ce que je dénonce. C’est le gouvernement par un petit nombre, pour un petit nombre. Certains bénéficient de la mondialisation sauvage, ils y vivent très bien. Et puis il y a l’immense majorité du peuple français qui vit mal. C’est à cette immense majorité des Français que je dis: 'N’ayez pas peur de cette agitation'. Dans une démocratie, on se confronte sur les idées. J’ai été assez frappée de voir le président de la République lancer des anathèmes, des injures. On a le droit d’avoir une pensée différente dans une démocratie."

  • Un programme pour sortir de l'Europe ?

Marine Le Pen: "Non, ce n’est pas une manière de sortir de l’Europe. L’Allemagne a elle-même une Constitution qui indique que les traités internationaux qui seraient contraires à la constitution allemande ne peuvent pas s’appliquer en droit allemand. C’est la démocratie. Le peuple français est souverain."

  • Pas de démission en cas de défaite à un référendum

Marine Le Pen: "Je veux faire une utilisation plus fréquente et plus normalisée du référendum. Je m’engage à respecter absolument le choix des Français. Je ne veux pas qu’on fasse des choix sur des personnes mais sur des projets. Je resterai présidente. Le référendum a fait partie de la Ve République. La France de Marine le Pen, c’est la France qui respecte la Constitution. (…) Pour la peine de mort, on ne peut pas c’est anticonstitutionnel. J’y suis de toutes façons opposée."

  • Une révision constitutionnelle, mais pas une remise en cause

Marine Le Pen: "François Hollande a tort, il n’y aurait pas une remise en cause fondamentale de la Constitution, mais un référendum pour faire une révision constitutionnelle. Le peuple serait consulté. Il y aurait des ajouts, comme la priorité nationale. Et un article qui dirait que la Constitution est supérieure à des textes internationaux. (Coup d’Etat constitutionnel ?) Ce propos n’est pas sérieux. Ce que je propose, c’est ce qu’a fait le Général De Gaulle en 1962."

  • L'immigration, une question devenue tabou ?

Marine Le Pen: "Ce n’est pas absolument pas un tabou. C’est la partie la plus connue par les Français de mon projet. Tous les Français savent que je veux limiter l’immigration. On ne maitrise plus rien dans ce domaine. La présence de clandestins se multiplie sur notre territoire. Je vais régler le problème de l’immigration et du communautarisme, qui en est la conséquence."

"Ne pourront rejoindre la France que ceux qui auront l'autorisation de la rejoindre. Tant que les pays n'accepteront pas la réadmission des personnes indésirables sur notre territoire, il n'y aura plus rien: plus de visa, plus de transferts d'argent, plus de possiblité d'être propriétaire de biens en France..."

  • L'interdiction du voile

Marine Le Pen: "C’est réaliste. Mais ce n’est pas l’élément fondamentalement le plus urgent. Il faut aussi supprimer tous les financements à des associations islamistes. Il faut interdire leur constitution, interdire le salafisme, fermer les mosquées qui font la promotion de l’islam radical. C’est un ensemble. En France, toutes les femmes doivent pouvoir vivre librement et je veux les préserver de toutes pressions. L’interdiction du voile est essentielle, ce n’est pas la seule mesure. Je veux lutter contre l’idéologie totalitaire islamiste. C’est une loi très complète pour protéger les principes constitutionnels. Il n’y a pas que le voile, c’est une loi très complète. J’interdirai les uniformes islamistes. Nous y arriverons."

  • La relation avec l'Allemagne

Marine Le Pen: "Je souhaite enrichir les liens entre la France et l’Allemagne. Avec l’apprentissage de la langue allemande, des échanges entre chercheurs. J’ai pas mal de projets pour renforcer les liens. Ce à quoi je veux mettre fin, c’est la coopération industrielle sur l’armement. Nous travaillons ensemble sur la mise en œuvre d’armement mais nous n’avons pas la même politique d’exportation, avec une philosophie radicalement différente de la nôtre. Donc c’est une coopération que je trouve inutile." 

  • Un génocide en Ukraine ?

Marine Le Pen: "Je ne parlerais pas de génocide. Il est sûr qu’il s’agit de crimes de guerre. C’est une évidence, ce sont des civils désarmés qui ont été massacrés. Il faut d’abord une enquête de l’ONU. Le rôle des responsables politiques est de respecter le droit international, qui oblige de faire une enquête. Laissons les enquêtes se mener et les responsables de ces massacres devront évidemment être condamnés. S’ils ont agi sur ordre d’un gouvernement, alors ce pays-là doit être mis au ban du concert des nations."

  • La mobilisation des jeunes dans les universités

"A Sciences-Po, ils ont séché le cours de démocratie ? Ils étaient en week-end ? Nous sommes un pays qui a la chance immense d’avoir un système démocratique. Je trouve que ces petits jeunes devraient respecter cette démocratie. Il y a des élections, ils ne peuvent pas, par des blocages, s’opposer à la volonté exprimée par le peuple français. C’est anti-démocratique. Ils ont le droit de manifester mais ils devraient plutôt faire des campagnes pour pousser les jeunes à aller voter."

  • L’opposition du milieu culturel

Marine Le Pen: "Je ne comprends pas pourquoi les artistes s’élèvent contre mon projet, qui vise à accélérer la création culturelle, à mettre en place des pépinières d’artistes pour qu’ils puissent exploser leurs œuvres. Je veux mettre en place un service national du patrimoine pour permettre à tous les jeunes de 18-25 ans de passer six mois rémunérés dans des associations et des structures de l’Etat pour défendre et entretenir notre patrimoine national. Je suis sure que les acteurs du milieu de la culture peuvent être sensibles à ça.

Marine Le Pen: "Je me souviens, quand on a fait la campagne municipale à Hénin-Beaumont avec Steeve Briois, que le milieu culturel était vent debout contre sa candidature. C’était plein d’a priori, en disant qu’il allait baisser la culture, supprimer les subventions… La réalité, c’est que jamais l’offre culture n’a été aussi importante à Hénin-Beaumont que depuis que Steeve Briois est maire de la ville. Tout a été fait pour aider les acteurs culturels, pour faciliter l’offre culturelle. On parle souvent de déserts médicaux, mais il y a aussi des déserts culturels. Il y a des tas d’endroits en France qui n’ont accès à aucune offre culturelle. Mon programme, c’est aussi de permettre à tous les Français d’avoir accès à une offre culturelle."

  • Les sportifs contre son élection

Marine Le Pen: "Tous ces gens, il faut qu’ils comprennent qu’ils ne peuvent pas être heureux tous seuls. Tous ces sportifs gagnent très bien leur vie, dans leur immense majorité. Il faut qu’ils pensent à ceux qui n’arrivent à gagner leur vie, à finir le mois. Il faut qu’ils fassent preuve de générosité, de fraternité. C’est ça aussi une nation. Je n’ai jamais fait de proposition qui puisse modifier leur activité. Encore une fois, je les appelle à ne pas juger avant de voir."

  • La volonté de rassurer les acteurs économiques

Marine Le Pen: "Mon programme, c’est tout pour les TPE-PME. Un chef d’entreprise ne peut pas considérer que mon programme est contraire à ses intérêts. La politique localiste, le patriotisme économique, les mesures fiscales, tout cela est fait pour les TPE-PME. Il y a une forme de révérence à l’égard du pouvoir, peut-être de crainte par rapport au pouvoir. Je ne sais pas si c’est moi qui leur fait peur. Est-ce que c’est moi ou le povuoir en place ? Je veux les rassurer. Le projet que je propose, c’est celui que je mettrai en œuvre. Le modèle économique mis en œuvre depuis 30 ans a échoué. Le ruissellement, ça ne fonctionne pas."

  • La rémunération de Carlos Tavares

Marine Le Pen: "C’est choquant, bien sûr. Et encore plus quand ce sont des chefs d’entreprises qui ont mis en difficulté leurs entreprises. Ça arrive assez souvent… Et ils touchent des sommes considérables. L’un des moyens d’atténuer ces rémunérations hors de proportion, c’est peut-être justement de faire entrer les salariés comme actionnaires. Pas seulement la participation. Il faut réfléchir à une sorte de réserve légale de titres, qui serait partagée par tous les salariés à égalité. Tous les salariés seraient propriétaires d’une partie."

  • Les relations avec les ex-membres du RN

Marine Le Pen: "Comme dirigeant, je vais recoudre notre pays. Les départs, ce n’est plus mon problème. C’est le problème du Rassemblement national. Je ne suis plus la présidente du RN. D’ici dix jours, je serai peut-être élue à la tête de l’Etat. Je serai au-dessus des partis, des factions, car je serai la présidente de tous les Français, y compris de ceux qui n’auront pas voté pour moi. Ils ont choisi un autre candidat, nous ne sommes pas dans une cour d’école et je n’ai pas quatre ans et demi. Je tends la main à tous les patriotes. Mais je suis au-dessus des engament partisans. Le reste, c’est le problème de Jordan Bardella, président du RN."

  • Le débat face à Emmanuel Macron mercredi

Marine Le Pen: "Je vais préparer le débat, c’est assez normal, pendant deux jours. C’est un moment important, qui est attendu. Il y a des millions de Français qui vont voir les deux projets soumis à leur choix. Ça va tout changer ce choix."

James Abbott et Laurent Picat