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Nucléaire: le projet de loi sur les EPR arrive, les ONG dénoncent un passage en force

Le gouvernement présente ce mercredi en conseil des ministres son projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Les futurs EPR seraient implantés sur des sites de centrales déjà existantes, à Penly en Seine-Maritime et à Gravelines dans le Nord. La vallée du Rhône, à Bugey ou Tricastin, est également envisagée.

Alors que les prix de l'énergie flambent, un projet de loi pour accélérer le nucléaire est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Il doit être examiné début 2023. L’objectif, c’est la construction de six réacteurs EPR nouvelle génération. Une promesse faite par Emmanuel Macron en février à Belfort.

Et l’équation n’est pas simple pour le gouvernement. Il faut à la fois garantir l'indépendance énergétique et tenir les objectifs climatiques. Voilà pourquoi l'exécutif veut aller vite sur le nucléaire.

Comme Emmanuel Macron l'avait annoncé pendant sa campagne, ce texte prévoit donc la construction de six réacteurs. Ils seront implantés sur des sites de centrales déjà existantes à Penly en Seine-Maritime, à Gravelines dans le Nord, et une autre vraisemblablement dans la vallée du Rhône, à Bugey ou Tricastin.

Colère des ONG

L’objectif est de lancer les chantiers avant la fin du quinquennat de 2027 pour une mise en route à l'horizon 2035. Le projet de loi doit permettre de gagner du temps en simplifiant les procédures administratives. D'abord en contournant la loi littorale sur les règles d'urbanisme, mais aussi le code de l'environnement sur les espèces animales protégées.

De quoi faire bondir les ONG qui défendent la biodiversité. Certaines dénoncent notamment un manque d'études d'impact environnemental.

"Les associations, on ne les a même pas écoutées, on ne les a même pas entendues, déplore Marc Giraud, porte parole de l'Association pour la protection des animaux sauvages. Ça a été très, très vite. Ce qui nous inquiète, c'est l'impression de vite fait, de vision à court terme et toujours le fait que les politiques négligent le vivant. Il n'y a aucune étude d'impact à notre connaissance. On dirait que c'est un claquement de doigts, que d'un coup, on va se précipiter à faire des centrales nucléaires partout. Non seulement, on va détruire la nature, mais en plus, on a besoin de refroidir ces centrales. Et de plus en plus, les eaux rares sont trop rares et trop chaudes. Donc les centrales qu'on construit aujourd'hui sont les bombes de demain."

Hélène Terzian avec Guillaume Descours