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Nupes, RN, majorité... Les enjeux des trois élections législatives partielles ce week-end

En pleine tension sur la réforme des retraites, on re-vote ce dimanche dans trois circonscriptions, pour des législatives partielles avec un enjeu symbolique fort.

C'est reparti pour un (ou deux) tour(s) en Charente, dans la Marne et dans le Pas-de-Calais. Les sièges de trois députés sont remis en jeu lors d'élections législatives partielles. Des sièges qui appartenaient à un élu de la majorité, une du Rassemblement national et un du Parti socialiste. Leur élection de juin avait été annulée pour cause d’irrégularités.

Ça donne sur le terrain une situation assez étonnante, que nous ont décrit plusieurs candidats. Une campagne "inhabituelle" en plein hiver, dans le froid et le vent, avec la nuit qui tombe tôt, et même parfois l’éclairage public qui s’éteint pour faire des économies d'énergie. Pas facile, le porte-à-porte, dans ces conditions...

Surtout, il n'y aurait qu'"une personne sur dix est au courant de ces législatives partielles”, se désole un candidat. Tous le savent, avec une participation qui pourrait à peine dépasser les 20%: c’est celui qui mobilisera ses troupes qui gagnera.

L’enjeu politique est bien réel au niveau national

Même si rien ne sera bouleversé à l’Assemblée nationale, les oppositions veulent en faire un symbole, comme un référendum sur les retraites. "Si on mobilise là-dessus, on peut récupérer des voix”, assume un insoumis, qui ajoute: "En ce moment, il suffit de dire que vous êtes contre Macron et vous marquez des points".

Preuve de l’enjeu, les figures nationales défilent. On a vu Marine Le Pen sur un marché dans la Marne le week-end dernier, et des ministres ont aussi fait le déplacement ces derniers jours. Et à gauche, François Ruffin ou Manuel Bompard font le tour des circonscriptions.

La Nupes se targue d’avoir resserré les rangs et a bon espoir de conserver le siège du socialiste Bertrand Petit dans le Pas-de-Calais, et pourquoi pas d’aller en chercher un autre, en Charente.

Cette dernière élection sera très regardée, car ça ne s’était joué qu’à 24 voix d’écart en juin. C’est Thomas Mesnier qui l’avait emporté, l’élu Horizons, qui reconnaît "une campagne par vent de face". Il va recevoir ce mercredi la visite d’Edouard Philippe.

Jean-Luc Mélenchon était aussi attendu, mais il a dû annuler pour cause... de grève des trains!

Triple test

Vu le contexte, ce sera un test pour tout le monde. Pour la Nupes, après les épisodes Quatennens et les divisions au sein de l’alliance de gauche. Pour la majorité, face à l’impopularité de la réforme des retraites. Et pour le RN, qui bataille pour conserver, dans la Marne, le siège d’Anne-Sophie Frigout, victorieuse à la faveur d’un mauvais décompte des voix en juin. Elle mise sur son implantation, dans une circonscription qui sur le papier pourrait revenir à la majorité, et où les oppositions espèrent bien traduire dans les urnes, les colères du moment.

Sébastien Krebs (édité par J.A.)