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"Oh là là, ce ne doit pas être facile!" Quand les électeurs ont de la compassion pour les candidats PS

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Entre le bilan de François Hollande, le score de Benoît Hamon à la présidentielle (6% des voix) et la concurrence des candidats La République En Marche, cette campagne des législatives est particulièrement difficile pour les candidats socialistes. RMC.fr a recueilli le témoignage de Gaëlle Andro, candidate PS dans la 2e circonscription d'Ille-et-Vilaine, qui vient d'apprendre qu'elle affrontera Gaspard Gantzer, le conseiller presse de François Hollande, investi par Emmanuel Macron.

Gaëlle Andro, vice-présidente de Rennes Métropole et candidate PS dans la 2e circonscription d'Ille-et-Vilaine.

"En apprenant que Gaspard Gantzer serait le candidat de La République En Marche dans la circonscription que je convoite, j'ai été surprise. Je ne m'y attendais pas, et je suis étonnée par les méthodes d'En Marche. Je ne m'attendais pas à un tel profil. Maintenant, je vais rester fidèle à la campagne que j'avais envisagée. Elle a commencé il y a longtemps et les socialistes sont très unis derrière ma candidature. J'ai d'ailleurs reçu beaucoup de soutiens depuis hier soir (jeudi) donc je suis assez confiante. Ça donne du relief à la campagne que je voulais faire, à savoir une campagne de proximité, de rencontre et d'écoute. Tout le contraire d'une candidature Gantzer!

Ici, en Bretagne, on n'aime pas trop les parachutages, ce n'est pas dans les habitudes et la façon de faire de la politique ici. Les socialistes ont toujours gagné sans faire ça. Ce parachutage, c'est une pratique qui ne correspond pas à l'attente de nos électeurs.

"La campagne la plus dure"

Entre le bilan de François Hollande, le score à la présidentielle de Benoît Hamon et celui d'Emmanuel Macron, et maintenant cette candidature de Gaspard Gantzer, c'est sûr que ma campagne s'apparente à une course d'obstacles. Les électeurs que je croise ont d'ailleurs une espèce d'empathie envers moi. Ils me disent : 'oh là là, ce ne doit pas être facile'. Mais pour eux non plus ce n'est pas facile de se positionner en tant d'électeurs, avec beaucoup de questions et de doutes. Je sens qu'il y a aujourd'hui un besoin de retrouver des repères.

"Le PS, c'est fini"

C'est la campagne la plus difficile que j'aie eu à mener. Le plus dur, c'est de ne devoir compter que sur soi-même et son équipe. On n'est pas porté par un mouvement, par la force du parti.

Je pense d'ailleurs que le PS, c'est fini. En tout cas dans sa forme actuelle. Il a besoin d'être refondé en profondeur, il ne suffira pas d'un simple coup de peinture. Et ça prendra du temps".

Propos recueillis par Philippe Gril