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"On n'ira pas chercher leurs voix": la majorité dans l'embarras après le soutien de députés RN?

Obligés de composer avec l'opposition en l'absence de majorité absolue, les députés de Renaissance l'assurent, ils n'iront jamais chercher les voix du Rassemblement national.

Le projet de loi sur le pouvoir d’achat fait actuellement l’objet de débats à l’Assemblée nationale. Mardi, trois amendements ont été adoptés avant que les 389 autres ne soient discutés dans les jours à venir.

"Au début, c'est toujours lent il y a des débats de fond. Je pense que cela va s'accélérer. C'est constructif, il y a des amendements de l'opposition qui sont acceptés. La méthode est en train de se mettre en place", s’est félicité ce mercredi sur RMC le député de la majorité Marc Ferracci.

"On est dans un projet de loi qui répond à une urgence, donc avec des mesures temporaires. Nous avons fait le choix stratégique de mesures ponctuelles qui n'engagent pas la pérennité des entreprises et je crois que les Français sont satisfaits de ces primes", explique l'élu.

"On ne négocie pas et on ne négociera pas avec le RN"

Et si la majorité a pu faire passer certains amendements, c’est grâce au soutien indirect d’un ou plusieurs groupes d’opposition, en l’absence de majorité absolue. Mardi, ce sont les députés RN qui ont notamment permis l’adoption de l’amendement favorisant l’accord de primes d’intéressement dans les entreprises, que les députés Nupes ont tous rejeté.

Rassemblement national et Renaissance marchent-ils alors main dans la main? Pas du tout balaye Marc Ferracci. "On ne négocie pas et on ne négociera pas avec le RN", martèle-t-il. "Si les députés du RN veulent voter nos mesures, qu'ils le fassent. Ce ne sont pas des alliés encombrants, mais on n'ira pas chercher leurs voix", ajoute l'élu.

Depuis le début de la mandature, les députés du Rassemblement national l'assurent, ils sont prêts à soutenir la majorité le cas échéant. "On n'est pas dans la politique du pire", assurait le 7 juillet dernier sur RMC, Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe Rassemblement national. Même son de cloche mardi sur le plateau des "Grandes Gueules" pour Christophe Barthes, député RN de l'Aude. "On est pragmatiques, on peut voter la prime Macron", promettait-il.

Guillaume Dussourt