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Présidentielle: échange tendu entre Laurent Jacobelli et Aurore Bergé sur le pouvoir d'achat

Sur RMC ce vendredi, Aurore Bergé et Laurent Jacobelli ont campé sur leur positions, soutenant chacun de leur côté le programme d'Emmanuel Macron pour l'une, Marine Le Pen pour l'autre, sur le pouvoir d'achat. Sans parvenir à tomber d'accord ou à s'entendre, à deux jours du second tour de la présidentielle.

L'ambiance était électrique ce vendredi matin sur RMC. Et pour cause, le second tour de l'élection présidentielle approche à grands pas. Dans ces conditions, à deux jours du scrutin, Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national, et Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale, ont eu de vifs échanges sur la question du pouvoir d'achat.

La députée des Yvelines a d'abord tenu à défendre le bilan du gouvernement en la matière: "L'enjeu majeur de cette élection, c'est la protection des Français, avec la protection de leur pouvoir d'achat en maintenant le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie. Marine Le Pen y était opposée, nous nous l'avons fait et c'était une protection nécessaire", a-t-elle assuré avant de plaider pour réindexer les retraites sur l'inflation dès cet été et augmenter les petites pensions de retraite à 1.100 euros.

"Des chèques provisoires qui font qu'on considère les Français comme des mendiants"

Des propositions qui ont fait sourire Laurent Jacobelli. "Vous avez raison de mettre le pouvoir d'achat au cœur de l'enjeu, je regrette malheureusement que vous ne l'ayez pas fait avant", a lancé le porte-parole du RN avant de reconnaître que le pouvoir d'achat avait augmenté mais en y apportant une grosse nuance: "Le pouvoir d'achat a beaucoup augmenté pour les très riches, il a baissé pour les plus pauvres", a-t-il ajouté.

"Marine Le Pen a des propositions concrètes, pas des chèques provisoires qui font qu'on considère les Français comme des mendiants. La baisse de la TVA sur l'énergie de 20% à 5,5%, ça, c'est rendre du pouvoir d'achat. Aider les plus jeunes à se lancer dans le monde du travail en les exonérant d'impôt sur le revenu jusqu'à 30 ans, c'est une mesure de pouvoir d'achat", a lancé Laurent Jacobelli.

"Vous voulez exonérer d'impôt tous les moins de 30 ans, quels que soient leurs revenus. Au-delà du fait que c'est probablement inconstitutionnel, ça va avantager surtout les plus riches", lui a répondu Aurore Bergé. "La baisse de la TVA que vous proposez sur les produits de première nécessité, c'est rendre 19 euros de pouvoir d'achat par an pour les ménages les plus aisés, comme le montre de nombreuses études", a-t-elle ajouté.

"Moi je ne considère pas que les Français sont des mendiants, on a considéré qu'il y avait urgence à agir pendant la crise et on a eu raison de le faire. Quand on fait le chèque inflation, c'est parce qu'il y a des Français qui n'avaient plus les moyens d'aller travailler en faisant un plein d'essence ou qui ne pouvaient plus remplir leur caddie", a assuré l'élue.

"Il faut refuser les arnaques faites aux Français"

"Vous êtes très macroniste", a répondu Laurent Jacobelli à la députée de la République en Marche. "Là où vous avez échoué, vous voulez donner des leçons aux autres. Vous allez donner des leçons d'économie, vous qui avez creusé le déficit. Nous, nous assumons que nous allons garder nos jeunes qui travaillent en France parce que ce sont notre avenir (avec l'exonération d'impôts pour les moins de 30 ans, ndlr). Vous avez enrichi les riches et appauvris les pauvres!", a répondu le porte-parole du RN.

"Il faut refuser les arnaques faites aux Français. Cela peut faire très joli quand on dit qu'on va supprimer l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, la plupart d'entre eux ne paient pas l'impôt sur le revenu, et nous avons en plus, baissé la première tranche d'imposition", a tenu à défendre Aurore Bergé.

"Les rares fois où Marine Le Pen a retrouvé le chemin de l'Assemblée nationale (la députée y est peu présente, ndlr), qu'est ce qu'elle a fait avec ses députés présents? Ils ont systématiquement voté contre le "quoi qu'il en coûte!", a-t-elle tenu à rappeler à Laurent Jacobelli. "Le président de la République, a plusieurs fois interrogé Marine Le Pen, vous vous auriez fait quoi?", a demandé Aurore Bergé au porte-parole du Rassemblement national.

"Vous avez mis des rustines sur un pneu. Nous, nous aurions mis en place des mesures pérennes, en abondant sur les fonds propres. Nous, ce que nous n'aurions jamais fait, nous n'aurions jamais exclu les soignants. Et avec Marine Le Pen, le pass vaccinal, c'est fini". C'est en effet fini depuis le 14 mars dernier.

Guillaume Dussourt