RMC

Présidentielle: les petites phrases et moments marquants des débats d’entre-deux-tours

Le débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les finalistes de l’élection présidentielle 2022, sera le huitième du genre ce mercredi (21h). Retour sur les petites phrases et moments marquants des duels précédents, de 1974 avec Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand à 2017 avec, déjà, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

1974 : "Vous n’avez pas le monopole du cœur"

Depuis le premier en 1974, les débats télévisés d’entre-deux-tours de l'élection présidentielle ont à chaque fois, ou presque, laissé des petites phrases marquantes en souvenir. A l’époque, Valéry Giscard d’Estaing lance à François Mitterrand la formule : "Vous n’avez pas le monopole du cœur". Et s’impose quelques jours plus tard dans les urnes, pour accéder à l’Elysée.

1981 : "L’homme du passif"

Comme en 1974, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand sont les deux protagonistes du débat d’entre-deux-tours en 1981. Cette fois, c’est le futur président socialiste qui marque les esprits, en deux temps. Après avoir taxé "VGE" d’"homme du passif", il le renvoie à son statut de candidat et non de président : "Vous n’êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur".

1988 : Mitterrand et le "Premier ministre" Chirac

Après son premier mandat de président de la République, François Mitterrand est opposé à Jacques Chirac en 1988. Le candidat de droite tente de reprendre à son compte la formule mitterrandienne de 1988, face au président sortant, mais est contré: "Vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre". Jacques Chirac finira par s’adresser à "monsieur le président" durant ce débat… et s’inclinera au second tour.

1995 : des finalistes contre l’agressivité

Hors antenne, dans un extrait révélé postérieurement, Jacques Chirac et Lionel Jospin, les deux candidats présents au second tour de l’élection présidentielle en 1995, se rejoignent sur le fait de pas tomber dans l’agressivité. "Les Français ont horreur de ça" selon Jacques Chirac, Lionel Jospin acquiesce. L’un des co-présentateurs, Guillaume Durand, jugera ce débat "ennuyeux". Finalement, c’est plus la petite histoire du pantalon de Lionel Jospin qui restera. Après avoir oublié d’apporter le pantalon allant avec sa veste de costume, le socialiste a dû se résoudre à faire le débat "dépareillé".

2002 : le refus de Jacques Chirac

A la surprise générale, la France découvre au soir du premier tour la qualification de Jean-Marie Le Pen aux dépens de Lionel Jospin. Face au choc, des manifestations contre l’extrême droite s’organisent. Jacques Chirac, en tête au premier tour, refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen. "Pas plus que je n’ai accepté dans le passé d’alliance avec le Front national, et ceci quel qu’en soit le prix politique, je n’accepterai demain de débat avec son représentant", explique-t-il. C’est la seule fois où le débat télévisé d’entre-deux-tours n’a pas eu lieu, depuis 1974.

2007: la "colère" de Ségolène Royal

En 2007, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont face-à-face, avec l’Elysée dans le viseur. Et c’est le candidat de droite qui prend l’ascendant, en s’appuyant notamment sur la "colère" exprimée pendant le débat par la socialiste, au sujet de la scolarisation des enfants handicapés, pour sembler plus calme face aux responsabilités imposées par la fonction présidentielle. "Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé", demande Nicolas Sarkozy. "Non, je ne me calmerai pas", répond Ségolène Royal. "Pour être président de la République, il faut être calme", tranchera Nicolas Sarkozy, qui restera cinq ans à l’Elysée.

2012 : les célèbres "Moi président" de François Hollande

Parti de très loin dans la campagne présidentielle, propulsé par son attaque contre "le monde de la finance" en janvier 2012 au Bourget, François Hollande s’impose lors du débat face à Nicolas Sarkozy avec l’anaphore "Moi, président de la République", durant plus de trois minutes, sans être interrompu, le temps d’égrener sa vision de la fonction. Le socialiste, qui se veut "un président normal" après cinq ans de sarkozysme, réussit son coup. Les portes de l’Elysée s’ouvrent.

2017 : Marine Le Pen se perd face à Emmanuel Macron

Les yeux qui cherchent dans les fiches à plusieurs reprises, avant de se balayer de gauche à droite lors d’une séquence assez gênante qui se voulait une imitation de son adversaire… En 2017, de son propre aveu, Marine Le Pen rate son débat, très tendu, face à Emmanuel Macron. Imprécise, agressive, elle voit l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande se détacher encore un peu plus. C’est lui qui entrera à l’Elysée quelques jours plus tard, grâce à une large victoire au second tour (66,1% contre 33,9%).

LP