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Réforme des retraites: le soutien de LR ne se fera pas "à n’importe quel prix", selon Eric Ciotti

En position de force au Parlement, le groupe des Républicains, emmené par leur nouveau président Éric Ciotti, n’entend pas voter coûte que coûte en faveur de la réforme des retraites. Le débat est notamment ouvert sur le calendrier du recul de l’âge de départ à la retraite.

Le président des Républicains, Éric Ciotti, a prévenu mercredi Élisabeth Borne que son parti ne soutiendrait pas la réforme des retraites "à n'importe quel prix", écartant un relèvement "brutal" de l'âge de départ à 65 ans et prônant des mesures pour les petites retraites et les femmes.

"J'ai posé à la Première ministre les conditions pour que cette réforme puisse voir le jour", a déclaré à la presse le patron de LR au terme d'une rencontre de près d'une heure à Matignon avec la Première ministre, consacrée à la réforme des retraites.

"Aujourd'hui, notre système de retraites par répartition est menacé compte tenu de l'évolution démographique. Il y a un besoin de réforme", a-t-il assuré, rappelant que le groupe LR avait "la clé" à l'Assemblée nationale où la majorité présidentielle a besoin de son soutien pour faire passer le texte.

"Nous mesurons qu'aller à 65 ans tout de suite est d'une brutalité sans doute trop forte par rapport à la situation que vivent les Français", a expliqué le député des Alpes-Maritimes, rappelant que "beaucoup de Français souffrent avec une inflation qui obère aujourd'hui leur pouvoir d'achat".

Borne et Ciotti se reverront début 2023

Dans la tête d’Éric Ciotti tout semble clair : "la réforme oui, (mais) discutons le rythme et le calendrier de cette réforme". Il a par ailleurs fixé comme condition que la situation des "petits retraités" soit prise en compte et notamment celle des femmes qui "n'ont pas cotisé tout au long de leur vie".

Éric Ciotti et Élisabeth Borne "ont convenu" de se retrouver en début d'année, une rencontre qui permettra à la droite de "voir comment le gouvernement allait écouter" les propositions de LR, "ce qui conditionnera notre vote", a-t-il souligné.

Entre opposition à Emmanuel Macron et besoin de rester crédibles sur ce thème marqueur de son bord politique, la droite est sous pression et se cherche une ligne commune alors que le gouvernement doit présenter, le 10 janvier prochain, son projet.

Le chef des sénateurs LR, Bruno Retailleau, candidat malheureux à la présidence de LR, a prévenu mardi que son parti s'enfoncerait "dans les sables mouvants du reniement" s'il ne votait pas le report de l'âge légal de départ à la retraite.

Pour sa part, le chef des députés Olivier Marleix, a assuré qu'il ne "soutiendrait pas" la réforme si elle comportait le report de l'âge légal de départ à 65 ans, un "chiffon rouge", "trop brutal".

Au Sénat, la majorité de droite a comme chaque année adopté début novembre un texte prévoyant de relever l'âge légal à 64 ans à partir de la génération 1967.

La rédaction avec AFP