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Sobriété énergétique: le gouvernement avait déjà prévu un plan l'année dernière, mais ça a bloqué

Selon les informations de RMC, le gouvernement prévoyait déjà un plan de sobriété énergétique l'année dernière. Mais la perspective de l'élection présidentielle a relégué ce premier plan au placard.

Une campagne du gouvernement, des spots dans les médias pour appeler à réduire sa consommation, des discussions avec les entreprises pour qu'elles s'engagent à réduire la voilure côté énergies... Ça vous dit quelque chose?

Ce n'est pourtant pas le plan de sobriété que va présenter Elisabeth Borne ce jeudi mais celui préparé minutieusement par le gouvernement il y a un an... et qui n'a finalement jamais vu le jour. Pendant plusieurs mois, des conseillers ministériels ont planché sur une réduction de la consommation d'énergie dans le pays. 

À l'époque, les prix de l'énergie flambaient déjà. Le spot télé était quasiment prêt, la campagne dans les journaux et les radios aussi. Des conseillers ministériels avaient même prévu de contacter des influenceurs pour diffuser massivement le message sur les réseaux sociaux.

"On voulait une mobilisation générale", explique une source proche du dossier. Ne manquait que le feu vert, qui n'est jamais venu. À la place, Jean Castex présentait finalement le bouclier tarifaire, il y a exactement un an. 

"La matière est explosive"

Pourquoi ce plan n'a-t-il jamais abouti? Le blocage est venu de l'Elysée et de Matignon. "Le mot sobriété est dur à porter, on disait 'il ne faut pas brutaliser les gens'" raconte l'entourage d'un ministre du gouvernement Castex. Le président et le Premier ministre auraient préféré une campagne plus modeste, pour encourager les petits gestes du quotidien. Pas suffisant au goût des organisateurs du plan. 

Et les réticences n'ont fait que grandir à l'approche de la présidentielle. Un dossier beaucoup trop sensible aux yeux de l'exécutif, qui a refusé de publier le moindre spot.. "En termes de communication, la matière est explosive" reconnaît un ancien conseiller. "Il y a des gens qui sont déjà dans la sobriété. Et demander des efforts alors que des gens ne peuvent pas se chauffer déjà à 19 degrés, c'était un 'attrape polémique'". 

Sauf qu'entretemps, la présidentielle est passée, et la guerre en Ukraine a renforcé encore un peu plus la crise énergétique. Emmanuel Macron s'est donc résolu à changer d'avis... Et le plan de sobriété remanié s'offre aujourd'hui une seconde vie. Avec une campagne de pub différente et une année de perdue pour les économies d'énergie.

Romain Cluzel